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MINICOM: de nouvelles normes pour encadrer la production des boissons alcoolisées après la fermeture de 250 usines

MINICOM: de nouvelles normes pour encadrer la production des boissons alcoolisées après la fermeture de 250 usines
Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Antoine Marie Kajangwe, devant les députés, novembre 2026. Photo © Rwanda Parliament

Le Rwanda s’apprête à adopter de nouvelles normes de qualité pour les boissons alcoolisées produites localement. Annoncée par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Antoine Marie Kajangwe, cette réforme intervient après la fermeture de 250 unités de production non conformes. Elle vise à mieux encadrer le secteur, protéger la santé des consommateurs et permettre à certains producteurs de reprendre leurs activités sous conditions.

Les normes révisées sont finalisées et attendent leur approbation officielle. Le ministre l’a annoncé le mardi 3 novembre 2026 devant la Chambre des députés, en réponse aux préoccupations des parlementaires concernant la transformation et la commercialisation des produits agricoles.

Selon le ministre de la Santé, Sabin Nsanzimana, 250 usines fabriquant des boissons alcoolisées non conformes aux exigences sanitaires ont été fermées. À ce nombre s’ajoutent 200 entreprises ayant demandé des autorisations, mais qui n’avaient pas encore commencé leurs activités.

Cette campagne a également donné lieu à des opérations de contrôle, de saisie et de destruction de produits incriminés. Elle intervient dans un contexte marqué par de graves conséquences sanitaires: plus de 50 décès depuis le début de 2026, plus de 100 personnes ayant perdu partiellement ou totalement la vue et plus de 500 patients pris en charge, selon les données communiquées par les autorités sanitaires.

L’affaire a aussi pris une dimension judiciaire. En août, l’office rwandais d’investigation (RIB) a annoncé l’arrestation de 18 agents publics, dont le directeur général de la Rwanda Food and Drugs Authority, Émile Bienvenue, soupçonnés de manquements dans leurs fonctions de contrôle et de certification. Des suspects liés à la distribution de boissons illicites avaient été arrêtés et leurs dossiers transmis au parquet.

Des méthodes de production à revoir

Devant les députés, Antoine Marie Kajangwe a expliqué que certaines unités avaient modifié leurs procédés de fabrication, en réduisant notamment l’utilisation des matières premières agricoles initialement prévues dans la composition des boissons.

Certaines entreprises avaient ainsi changé la nature de leurs produits, s’éloignant des exigences de qualité. Les nouvelles normes devraient rétablir un cadre de production conforme et permettre à certaines unités fermées de reprendre leurs activités, à condition de satisfaire aux exigences applicables.

Le gouvernement prévoit également d’encadrer la fabrication traditionnelle de boissons alcoolisées pour les rassemblements sociaux. Les personnes concernées devront obtenir une autorisation préalable des autorités locales, qui vérifieront les conditions de production, l’hygiène et la qualité. Ces boissons ne pourront toutefois pas être commercialisées.

Les producteurs de bananes face à de nouveaux débouchés

La fermeture des unités de production affecte également les agriculteurs qui fournissent les bananes destinées à la fabrication de boissons traditionnelles, notamment l’urwagwa.

Selon les données présentées devant les députés, le Rwanda a produit 562 968 tonnes de bananes destinées à cette activité durant la saison agricole A de 2026.

Pour diversifier les débouchés, le ministère encourage notamment la transformation de ces bananes en jus non alcoolisé et le développement d’autres activités agroalimentaires.

Vers un dispositif national de contrôle de la qualité

Au-delà du secteur des boissons, le gouvernement prépare une loi générale sur la qualité, qui devrait couvrir plusieurs secteurs économiques. La réforme prévoit également de revoir les responsabilités et la coordination des institutions chargées du contrôle des produits.

Le recours à des professionnels privés pour certaines prestations techniques, notamment les analyses en laboratoire et la certification, est aussi envisagé.

Ces changements s’inscrivent dans la mise en œuvre de la politique industrielle lancée en 2024. Le gouvernement souhaite notamment que les unités de production soient installées dans des zones industrielles conformes et respectent les dispositions légales.

L’objectif est de renforcer la protection de la santé publique, de valoriser les matières premières agricoles et de restaurer la confiance des consommateurs, tout en permettant aux industries respectant les normes de poursuivre leurs activités.

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