Seules 11 fédérations sportives jugées performantes seront financées par l’État – Ministre Mukazayire
La ministre des Sports, Nelly Mukazayire, a annoncé devant les députés que seules 11 fédérations sur 35 bénéficieraient du soutien financier de l’État. Une décision motivée par la volonté du gouvernement de s’assurer que chaque franc investi dans le sport produise des résultats concrets, aussi bien en matière de performances qu’en détection des talents.
Des fonds réservés aux fédérations performantes
S’exprimant devant la Commission des comptes publics (PAC) du Parlement, la ministre des Sports, Nelly Mukazayire, a expliqué que le Rwanda allait désormais concentrer ses ressources sur les fédérations les plus performantes.
“Nous avons constaté que seules 11 fédérations sur 35 démontrent aujourd’hui un réel impact, que ce soit dans la détection des talents ou dans les résultats obtenus. Ce sont celles-là qui continueront à recevoir l’appui de l’État”, a-t-elle déclaré.
Ces 11 fédérations comprennent sept disciplines collectives: football, volleyball, basketball, handball, cyclisme, athlétisme et volleyball assis (paralympique); et quatre disciplines individuelles : karaté, kung-fu, natation et tennis.
Selon la ministre, ces fédérations ont prouvé leur sérieux, présenté des plans clairs de développement et démontré un potentiel de résultats mesurables.
Mukazayire a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse: “Nous devons suivre chaque franc public pour qu’il produise des résultats. Aucune dépense ne sera autorisée sans une étude claire montrant ce que l’investissement apportera au pays.”
Fin des “voyages sans résultats”
La ministre a également dénoncé les participations d’équipes nationales à des compétitions internationales sans préparation adéquate, qualifiant ces déplacements de voyages sans impact. “Nous ne pouvons plus envoyer des équipes juste pour participer. Si nous savons que nous n’allons pas être compétitifs, nous préférons ne pas y aller plutôt que de gaspiller les ressources publiques”, a-t-elle affirmé.
Elle a cité l’exemple de la sélection des moins de 17 ans (U17), absente du tournoi CECAFA de l’an dernier faute de préparation suffisante: “Nous avons choisi de ne pas y participer pour ne pas gaspiller de l’argent. Nous avons plutôt utilisé ces fonds pour former de jeunes joueurs, recruter un entraîneur et intégrer des talents évoluant à l’étranger. Cette année, l’équipe sera prête à défendre nos couleurs en Éthiopie.”
La ministre a révélé que chaque déplacement d’une équipe nationale coûte au minimum 300 millions de francs rwandais, en raison des frais de transport, d’hébergement et de préparation. “C’est beaucoup d’argent, nous devons donc nous assurer que chaque sortie rapporte quelque chose”, a-t-elle insisté.
Une meilleure transparence financière exigée
Devant les députés, Nelly Mukazayire a reconnu que plusieurs irrégularités avaient été relevées par le rapport de l’auditeur général pour l’exercice 2022–2023, notamment sur l’utilisation de 9,7 milliards de francs destinés à l’organisation d’événements sportifs. Certaines fédérations n’avaient pas produit les rapports justificatifs requis, tandis que d’autres n’avaient pas remis de documents complets.
Elle a toutefois précisé que la situation s’améliorait: “Nous avons désormais un auditeur interne au ministère, ce qui nous permet de mieux suivre l’usage des fonds. Nous avons aussi exigé que toutes les fédérations soumettent leurs rapports financiers pour 2022–2023 et 2023–2024 avant la fin de 2025.”
La ministre appelle les fédérations à une gestion responsable et à une culture de résultats: “Le sport est un secteur porteur, mais coûteux. Il faut investir là où les efforts et les résultats sont visibles. Notre objectif n’est pas de réduire les dépenses, mais de garantir que chaque investissement serve au développement durable du sport rwandais.”

