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One Health: agriculteurs et experts à Kigali pour renforcer le lien entre santé humaine, animale et écosystèmes

One Health: agriculteurs et experts à Kigali pour renforcer le lien entre santé humaine, animale et écosystèmes
Jean Paul Munyakazi, président de l’Organisation des Agriculteurs du Rwanda Imbaraga

Un atelier consacré à l’approche One Health (Une seule Santé) s’est tenu le jeudi 27 novembre 2027 à l’Hôtel Sainte Famille, à Kigali. L’événement était organisé par l’Organisation des Agriculteurs du Rwanda Imbaraga, en collaboration avec l’Ambassade de France au Rwanda. Son objectif: sensibiliser les acteurs locaux à cette démarche intégrée qui relie la santé humaine, la santé animale et la préservation des écosystèmes.

Renforcer la compréhension de l’approche One Health

Aurélien Picquenot, conseiller de coopération et d’action culturelle à l’Ambassade de France au Rwanda

Les organisateurs ont rappelé que cet atelier visait à renforcer la compréhension et l’appropriation de l’approche One Health par les acteurs locaux. Il s’agissait également de diffuser les messages clés des stratégies nationales, de partager les bonnes pratiques en matière de prévention des zoonoses, de lutte contre la résistance antimicrobienne et de protection des écosystèmes, ainsi que de favoriser un dialogue solide entre les différents secteurs concernés.

Aurélien Picquenot, conseiller de coopération et d’action culturelle à l’Ambassade de France au Rwanda, a souligné que l’approche One Health est déjà institutionnalisée au Rwanda, mais encore insuffisamment connue sur le terrain. D’où l’importance d’impliquer les représentants d’Imbaraga, qui regroupe plus de 30 000 éleveurs, afin de relayer ces connaissances à la base. Il a rappelé que le Centre Biomédical du Rwanda (RBC) est garant de la politique One Health, mise en place depuis 2011 au Rwanda.

Des rendez-vous internationaux pour l’année 2026  

L’atelier a également permis de mettre en avant les grands rendez-vous internationaux prévus en 2026. Parmi eux, le Sommet One Health des chefs d’État et de gouvernement, qui se tiendra en avril à Lyon, ville considérée comme un véritable hub mondial de cette approche. Lyon abrite notamment l’Institut One Health, l’Académie de l’OMS et une école vétérinaire.

Un autre événement majeur aura lieu à Nairobi les 11 et 12 mai, dans le cadre du Forum africain. Deux tables rondes seront consacrées à l’agriculture et à la santé, les deux thématiques intimement liées qui seront au cœur des discussions du form de Nairobi.

La France, via son ambassade, Expertise France et l’Agence française de développement, soutient également la formation agricole: appui aux centres d’excellence, renforcement des compétences techniques des jeunes et des femmes, et déploiement d’écographes vétérinaires afin de garantir un veau par an pour chaque vache au Rwanda.

Des pratiques à changer sur le terrain

Jean Paul Munyakazi, président de l’Organisation des Agriculteurs du Rwanda Imbaraga

Jean Paul Munyakazi, président de l’Organisation Imbaraga, a insisté sur la nécessité d’une sensibilisation approfondie. Il a rappelé que les activités humaines peuvent nuire à la santé animale et vice versa. Par exemple, jeter des flacons d’antibiotiques après traitement du bétail expose les enfants qui jouent avec ces déchets à des risques graves: contamination, résistance aux antibiotiques et impossibilité de traiter certaines infections ultérieures.

“Nous avons réuni chercheurs, société civile et institutions publiques pour comprendre que tout est lié et que cela nous concerne tous”, a-t-il déclaré.

Zoonoses : des risques bien présents dans la région

Selon le représentant du Centre Biomédical du Rwanda, plusieurs zoonoses circulent dans la région: la fièvre de la Vallée du Rift, la maladie de Marburg, Ebola, Mpox, la rage et d’autres infections transmissibles entre animaux et humains.

Dr Laurien Ntamugabumwe, vétérinaire et membre de l’Ordre des vétérinaires du Rwanda, a déclaré que plus de 70 % des maladies humaines ont un lien avec les animaux. La consommation de produits d’origine animale dont le lait, la viande, les œufs, le poisson, implique une vigilance permanente.

Il a insisté sur la nécessité de bien nourrir les animaux, d’assurer leur hygiène, de les vacciner et de n’utiliser des médicaments vétérinaires que sur ordonnance. “Protéger les animaux, c’est protéger les humains et l’environnement”, a-t-il ajouté.

Témoignage d’une agricultrice: de nouvelles pratiques acquises

Vestine Kamugwera, agricultrice et éleveuse du district de Nyaruguru

Parmi les participants figurait Vestine Kamugwera, agricultrice et éleveuse du district de Nyaruguru en Province du Sud. Elle cultive pommes de terre et maïs, et élève ses vaches en stabulation. Elle explique avoir appris durant l’atelier des pratiques qu’elle ne respectait pas toujours, notamment l’importance de porter des gants et un masque lors de l’application de pesticides dans les champs de plantation.

Elle a également retenu qu’en élevage, il faut éviter de consommer le lait ou la viande d’un animal malade ou récemment traité, afin de prévenir toute contamination humaine. Kamugwera précise que plus personne ne dort avec les animaux dans la maison, un progrès notable en matière d’hygiène rurale.

Elle souligne enfin que certaines pratiques techniques comme l’insémination ou l’assistance au vêlage devraient toujours être réalisées par un vétérinaire qualifié.

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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