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Le ministre Nduhungirehe dénonce une interview jugée négationniste à l’approche de #Kwibuka32

Le ministre Nduhungirehe dénonce une interview jugée négationniste à l’approche de #Kwibuka32

À seulement deux mois de la 32e commémoration du Génocide perpétré contre les Tutsi (#Kwibuka32), le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a vivement réagi à une émission diffusée sur YouTube, diffusée par la chaîne Mémoire Habyarimana – Officiel. Cette interview a été réalisée par Willy Kabera avec Madame Agathe Kanziga Habyarimana.

Dans un message posté sur son compte X, le ministre Nduhungirehe dénonce ce qu’il qualifie d’entreprise de négation et de minimisation du Génocide contre les Tutsi, menée depuis Paris.

Une relecture de l’histoire jugée trompeuse

Selon Olivier Nduhungirehe, cette interview se présente comme une tentative de raconter l’histoire récente du Rwanda à travers les yeux de l’ancienne Première Dame, elle-même accusée d’avoir participé au génocide contre les Tutsi. Toutefois, le ministre relève de nombreuses omissions et contre-vérités.

Aucun mot n’est dit sur les pogroms contre les Tutsi entre 1959 et 1964, ni sur le génocide de Gikongoro en 1963, alors que Juvénal Habyarimana occupait déjà des postes de commandement. L’interview ne mentionne pas non plus les persécutions des Tutsi dans les écoles en février 1973, auxquelles il a pris part en tant que ministre de la Garde nationale.

Le ministère dénonce également des mensonges concernant le massacre de responsables politiques de la Première République, présenté comme l’acte d’un seul individu, alors que ces crimes ont été ordonnés par le président Habyarimana lui-même.

Silence sur les crimes et les réseaux de pouvoir

L’entretien passe également sous silence, selon le ministère, le sort réservé à l’ancien président Grégoire Kayibanda et à son épouse, décrits à tort comme ayant été pris en charge par le régime, alors qu’ils sont morts de faim.

De même, aucune mention n’est faite de la discrimination ethnique et régionale organisée sous la Deuxième République, pourtant bien documentée, notamment dans l’accès à l’éducation et à l’emploi.

L’interview omet aussi les assassinats politiques des années 1980, notamment ceux de la députée Félicula Nyiramutarambirwa, du journaliste Silvio Sindambiwe et de l’ancien ministre François Muganza, liés à leurs dénonciations de la corruption et des discriminations.

Le ministre Nduhungirehe relève aussi l’absence totale de référence à l’”Akazu” ou au “Réseau Zéro”, réseaux de pouvoir qu’Agathe Kanziga Habyarimana a créés pour contrôler les institutions, s’approprier les ressources de l’État et persécuter les opposants et les Tutsi.

Absence de toute reconnaissance du génocide

Enfin, le ministre termine son commentaire en soulignant qu’aucun mot n’est consacré aux massacres des Tutsi dans les années 1990, à Murambi, Bugesera, Mukingo, Kibilira, Kibuye et ailleurs, ni au massacre des responsables politiques de l’opposition le 7 avril 1994, perpétré par des membres de la Garde présidentielle.

Surtout, le ministère insiste sur le fait que l’interview ne contient aucune reconnaissance du Génocide perpétré contre les Tutsi, réduit à une simple “guerre”, et ne comporte aucune expression d’empathie envers plus d’un million de victimes, hommes, femmes et enfants, tués par la milice Interahamwe créée par le régime Habyarimana.

Pour le ministre Nduhungirehe, il est profondément préoccupant que, près de 32 ans après un génocide reconnu par les Nations unies et établi par une juridiction internationale, une telle propagande négationniste puisse encore être diffusée depuis un pays se revendiquant des droits de l’homme.

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