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“Le génocide ne se reproduira plus jamais ici”: Kagame réaffirme la détermination du Rwanda

“Le génocide ne se reproduira plus jamais ici”: Kagame réaffirme la détermination du Rwanda

Dans une atmosphère de recueillement empreinte de gravité, le président de la République, Paul Kagame, s’est adressé à la nation et au monde, ce mardi 7 avril 2026, depuis l’amphithéâtre du Kigali Genocide Memorial à Gisozi, à l’occasion du lancement officiel de la période de commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

Devant un parterre de diplomates accrédités à Kigali, d’amis du Rwanda venus s’associer à ce moment de mémoire, de membres du gouvernement et du Parlement, des représentants des associations de rescapés, ainsi que le public présent, le Chef de l’État a livré un discours dense, mêlant mémoire, vérité et détermination. L’événement était suivi en direct au Rwanda comme à l’international, à travers les médias nationaux et les plateformes numériques.

Le président Kagame s’est exprimé d’abord en kinyarwanda, avant de poursuivre en anglais.

Kwibuka, un acte de mémoire et de reconstruction

Dans son allocution, le président Kagame a rappelé la portée profonde de Kwibuka pour le Rwanda. Il a souligné que la commémoration est un moment pour affronter le passé, surmonter les divisions et puiser dans la force des survivants. Ces derniers, a-t-il affirmé, constituent une source essentielle d’humanité qui nourrit l’âme de la nation.

Le Chef de l’État a tenu à leur adresser un message clair: ils ne sont pas seuls, et la nation reste à leurs côtés.

Il a également insisté sur le fait que les progrès réalisés par le Rwanda reposent sur un choix collectif : celui de l’unité et d’un objectif commun. Chaque Rwandais, selon lui, a contribué à la renaissance du pays.

Face au négationnisme : la vérité ne changera pas

Le président Kagame a dénoncé les tentatives de déformation de l’histoire du génocide, notamment par certains acteurs à l’étranger.

Selon lui, ceux qui espèrent réécrire l’histoire font face à une tâche impossible: la vérité demeure, et les faits ne peuvent être altérés.

Le Chef de l’État est revenu sur certaines défaillances majeures de la communauté internationale en 1994.

Il a notamment rappelé que 2 000 Tutsi avaient été abandonnés par les Casques bleus à l’École technique officielle (ETO) de Kicukiro, illustrant l’inaction internationale face à l’urgence.

Il a également souligné que des moyens existaient pour empêcher la propagation des messages de haine diffusés par certaines radios appelant aux massacres. Des équipements, y compris des avions capables de brouiller ces émissions, étaient disponibles.

Cependant, des prétextes ont été avancés, notamment liés à la souveraineté du Rwanda et aux coûts jugés trop élevés, empêchant toute intervention efficace.

Le président Kagame a rappelé que c’est le Front patriotique rwandais (FPR) qui a mené la lutte contre le génocide et y a mis fin, tout en exprimant un profond regret : ne pas avoir pu intervenir plus tôt pour sauver davantage de vies.

Il a souligné que ces circonstances tragiques ont façonné la culture et le caractère de l’actuelle armée rwandaise (RDF), dont l’engagement dans les missions de paix à l’étranger est aujourd’hui largement reconnu.

“Les temps ont changé” : une promesse de protection

Le président Kagame a martelé un message central, sans equivoque: “Les temps ont changé. Plus jamais personne ne mourra ainsi.” Il a affirmé qu’aucun Rwandais ne subira à nouveau une telle tragédie.

Dans une formule forte, il a déclaré qu’on ne peut pas tuer une personne deux fois, et que toute tentative en ce sens se heurterait à une riposte avant même d’aboutir.

Le Chef de l’État a étendu cette idée à la nation elle-même : le Rwanda ne peut pas mourir deux fois. Toute menace contre son existence trouvera une réponse ferme.

Il a insisté sur la protection des générations présentes et futures : ni les adultes ni les enfants ne seront à nouveau victimes de telles violences.

Le Rwanda, a-t-il affirmé, vivra comme tout peuple digne, librement et sans demander la permission à quiconque.

Un message de fermeté face aux critiques et aux tensions régionales

Évoquant les défis actuels, le président Kagame a affirmé qu’aucune sanction ni pression extérieure ne saurait ternir l’honneur et l’intégrité des forces de défense rwandaises, qu’il a décrites comme parmi les plus respectées.

Il a dénoncé ce qu’il considère comme une injustice et indiqué son intention de porter cette question des sanctions au plus haut niveau.

Revenant sur l’expérience du génocide, il a rappelé une réalité brutale: à l’époque, la vie des Rwandais ne comptait pas aux yeux de certains acteurs internationaux. Une leçon douloureuse, mais durablement ancrée dans la mémoire nationale. Il a insisté sur le fait que la protection des civils reste une priorité absolue.

Le génocide ne peut plus se produire ici

Le président Kagame a réaffirmé avec force: Le génocide ne peut plus se produire ici. Cela n’arrivera pas.”

Il a évoqué certaines dynamiques régionales, notamment des regroupements de personnes à l’étranger et à Kinshasa, y compris des figures liées à l’ancien régime, qu’il a qualifiés de “simple bruit”.

Selon lui, ces initiatives ne peuvent en aucun cas conduire à une répétition de l’histoire. Il a assuré que chaque Rwandais, jeune ou adulte, partage cette même détermination à empêcher toute résurgence de l’idéologie génocidaire.

Un appel à l’unité et à la responsabilité internationale

Dans la suite de son discours, le président Kagame a souligné que la force du Rwanda repose sur l’unité de son peuple et sur la conviction que chaque citoyen a droit à la sécurité, à la dignité et à la paix, en harmonie avec ses voisins.

Il a appelé les partenaires internationaux à soutenir les efforts de lutte contre l’extrémisme, plutôt que de sanctionner le Rwanda pour sa volonté de se défendre.

Pour lui, les générations futures méritent plus que la survie: elles doivent hériter d’un pays sûr, uni, ambitieux, ainsi que d’une Afrique intégrée et confiante.

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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