Le président Kagame a lancé la semaine de deuil national au site mémorial de Kigali
Dans un moment de profonde solennité et de recueillement, le president Paul Kagame, accompagné de la Première Dame Jeannette Kagame, a procédé ce 7 avril au lancement officiel de la semaine de deuil national, marquant le début des 100 jours de commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.
La cérémonie s’est tenue au Kigali Genocide Memorial, lieu de mémoire où reposent plus de 250 000 victimes.
Dépôt de gerbes: un hommage aux victimes

Les activités de la journée ont débuté par le dépôt de gerbes de fleurs sur les tombes des victimes.
Dans un geste empreint de dignité, le Chef de l’État et la Première Dame ont rendu hommage à plus d’un million de vies fauchées durant le génocide.

Ils ont été rejoints par plusieurs invités de marque, dont la doyenne du corps diplomatique accrédité au Rwanda, ainsi que des représentants des rescapés, notamment ceux des organisations Ibuka et AVEGA.
Ensemble, ils ont posé ce geste symbolique, traduisant à la fois le souvenir des disparus et la solidarité envers les survivants.

Allumage de la flamme du souvenir
Moment central de la cérémonie: l’allumage de la flamme d’espoir par le président Paul Kagame et la Première Dame.
Cette flamme, appelée à brûler pendant 100 jours, symbolise la durée du génocide et incarne à la fois la mémoire, l’espoir et la résilience du peuple rwandais.

Elle se veut également un rappel constant du devoir de mémoire, invitant à honorer le passé, à préserver les acquis du présent et à bâtir un avenir fondé sur l’unité et la paix.
Un message de fermeté face au négationnisme
Dans son allocution, le président Kagame a tenu un discours marqué par la lucidité et la fermeté.
S’appuyant sur des témoignages et des faits historiques, il a dénoncé les discours négationnistes, estimant que leurs auteurs « ont une tâche difficile », notamment ceux opérant depuis l’étranger, dans un contexte où la vérité continue de s’imposer.
Le Chef de l’État a insisté sur une certitude: le Rwanda ne revivra plus jamais une telle tragédie.
Il a affirmé avec force que ni les générations actuelles ni futures ne seront à nouveau victimes d’une telle violence.
Leçons du passé et responsabilité internationale
Le président rwandais est également revenu sur certaines défaillances de la communauté internationale en 1994, évoquant notamment l’abandon de milliers de Tutsi à Kicukiro par les casques bleus, ainsi que l’inaction face aux médias de haine qui appelaient aux massacres.
Il a rappelé que des moyens existaient pour empêcher la propagation de ces messages, mais que des prétextes politiques, invoquant la souveraineté et les coûts, ont finalement prévalu.
Le rôle du Front patriotique rwandais dans l’arrêt du génocide a été souligné, tout en regrettant que l’intervention n’ait pas pu intervenir plus tôt pour sauver davantage de vies.
“Plus jamais ça”, une détermination renouvelée
Évoquant le présent et les défis régionaux, le président Kagame a mis en garde contre les discours de haine persistants, tout en dénonçant certaines tentatives de manipulation et de déstabilisation.
Il a réaffirmé que la protection des civils reste une priorité absolue et que le Rwanda ne tolérera plus jamais les conditions ayant conduit au génocide.
“Le génocide ne peut plus se reproduire ici. Cela n’arrivera pas”, a-t-il martelé.

