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Kwibuka32: Dr Jean-Damascène Bizimana dénonce l’inaction internationale face aux violences contre les Tutsi en RDC

Kwibuka32: Dr Jean-Damascène Bizimana dénonce l’inaction internationale face aux violences contre les Tutsi en RDC

Chaque année, le 7 avril marque la Journée internationale de réflexion sur le génocide contre les Tutsi. Cette commémoration intervient cette année dans un contexte régional particulièrement tendu, marqué par des violences persistantes en RDC, tandis que la communauté internationale est appelée à agir pour prévenir de nouvelles tragédies.

Le ministre rwandais de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Jean-Damascène Bizimana, a vivement critiqué l’inaction de la communauté internationale face aux violences persistantes visant les Tutsi en République démocratique du Congo, pointant particulièrement la responsabilité de l’Organisation des Nations unies.

Selon lui, malgré les nombreuses résolutions adoptées après le génocide contre les Tutsi au Rwanda, les engagements pris pour prévenir de telles tragédies restent largement inappliqués. Il déplore que l’ONU continue d’ignorer les massacres, les déplacements forcés et les persécutions dont sont victimes les Tutsi congolais, notamment sous l’action des Forces démocratiques de libération du Rwanda, un groupe armé qualifié de terroriste.

Dr Bizimana rappelle que des commissions d’enquête onusiennes ont déjà reconnu que les mécanismes internationaux n’avaient pas su empêcher le génocide de 1994, malgré des signaux d’alerte évidents. L’Union africaine a, elle aussi, conclu que cette tragédie aurait pu être évitée si la communauté internationale avait agi avec détermination.

Il souligne que plusieurs décisions du Conseil de sécurité, dont la résolution 1804 adoptée en 2008, exigeaient le désarmement immédiat des FDLR, des ex-FAR et des milices Interahamwe, ainsi que l’arrêt de tout soutien financier ou logistique à ces groupes. Toutefois, ces mesures restent, selon lui, lettre morte.

Accusations contre Kinshasa et passivité internationale

Le ministre accuse les autorités congolaises de ne pas respecter ces résolutions, allant jusqu’à intégrer des éléments des FDLR au sein de leurs forces armées, avec la passivité de la mission de l’ONU en RDC, MONUSCO. Il compare cette situation à l’inaction de la MINUAR lors de la préparation du génocide de 1994.

Par ailleurs, il dénonce un climat croissant de discours de haine visant les Tutsi en RDC, qu’il rapproche de celui observé au Rwanda entre 1990 et 1994.

Une série de propos alarmants

À l’appui de ses déclarations, Dr Bizimana cite plusieurs exemples de prises de parole publiques jugées préoccupantes. Il rappelle qu’en août 1997, l’ancien ministre des Affaires étrangères congolais, Abdoulaye Yerodia Ndombasi, avait appelé à tuer les Tutsi, les qualifiant de nuisibles à éliminer.

Plus récemment, en 2023, le député Justin Batakwira a affirmé à la télévision qu’«un Tutsi est un criminel par nature». Le 31 mai 2024, un chef de milice Maï-Maï, Benoît Mukumbatiya, a diffusé une vidéo déclarant qu’«un véritable Tutsi est celui qui est mort et enterré».

Le 4 juillet 2024, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a tenu des propos assimilant les Tutsi à des criminels. Le 24 novembre 2024, l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, a, lors d’un déplacement à Goma, appelé à tuer des Tutsi en ciblant en priorité les dirigeants rwandais.

Enfin, le 28 décembre 2025, le porte-parole des forces armées congolaises, Sylvain Ekenge, a été accusé d’avoir tenu des propos incitant à la haine contre les femmes tutsi sur une chaîne nationale.

Des signes ignorés, comme avant 1994

Pour Dr Bizimana, ces déclarations s’inscrivent dans un schéma inquiétant de banalisation de la haine et de l’idéologie génocidaire. Il estime que, comme avant 1994, de nombreux signaux d’alerte sont aujourd’hui ignorés par la communauté internationale.

Il évoque également la situation des réfugiés congolais, dont certains vivent en exil depuis plus de trois décennies après avoir été chassés par des groupes armés liés aux auteurs du génocide de 1994.

Malgré ces préoccupations, le ministre salue les efforts du Rwanda pour garantir la sécurité de sa population et accueillir les personnes menacées. Il souligne que de nombreux rescapés ont retrouvé espoir grâce à la stabilité du pays.

«Nous nous souvenons et nous nous engageons à ce que rien ne détruise à nouveau le Rwanda sous notre regard», a-t-il affirmé.

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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