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“Le pays ne peut pas être pris en otage par des personnes qui souhaitent altérer l’histoire du pays”: le Président Kagame appelle à la responsabilité collective

“Le pays ne peut pas être pris en otage par des personnes qui souhaitent altérer l’histoire du pays”: le Président Kagame appelle à la responsabilité collective
Le Président Paul Kagame prononce son discours lors du dialogue organisé par Unity Club. Photo © RBA

Le Président Paul Kagame et la Première Dame Jeannette Kagame ont participé, ce samedi27 juin 2026, à un dialogue organisé avec les membres de Unity Club ainsi que d’autres hauts responsables du pays. Les échanges ont porté sur les origines du Génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, la lutte de libération du Rwanda.

Défendre la vérité historique

Dans son intervention, le Chef de l’État a insisté sur l’importance de protéger l’histoire du Rwanda contre toute tentative de falsification.

“Le pays ne peut pas être pris en otage par des personnes qui souhaitent altérer la réalité du pays et de son histoire”, a-t-il déclaré, estimant que les recherches historiques demeurent essentielles pour établir la vérité, à condition qu’elles soient conduites avec intégrité.

Selon lui, plusieurs facteurs continuent d’entraver cette quête de vérité: la honte, les intérêts personnels, l’entêtement ou encore la volonté de protéger des proches impliqués dans les crimes commis durant le Génocide contre les Tutsi.

Le Président Kagame a expliqué que certains cherchent à empêcher l’émergence de témoignages susceptibles de les compromettre, tandis que d’autres refusent tout simplement de reconnaître les crimes perpétrés, allant jusqu’à considérer comme acceptable l’assassinat de victimes innocentes.

Assumer le passé pour construire l’avenir

Revenant sur l’histoire du Rwanda, le Président a reconnu la gravité du passé du pays.

“Dans notre Rwanda et notre histoire, nous avons eu une histoire particulièrement mauvaise. Il ne faut pas s’en cacher”, a-t-il affirmé.

Il a toutefois souligné que cette réalité impose une responsabilité à la génération actuelle: reconnaître cette histoire, tout en refusant qu’elle définisse l’avenir du pays.

“Nous avons la responsabilité de dire que cette histoire est la nôtre, mais que ce n’est pas ainsi que nous aurions dû être. C’est cela même le sens de la libération.”

Le Chef de l’État a également réaffirmé que les Rwandais ne doivent éprouver aucune honte de leur identité et qu’ils doivent rester déterminés à défendre les valeurs qui fondent aujourd’hui leur nation.

Il a averti que le Rwanda ne permettra pas un retour vers les divisions du passé.  “Lorsque nous voyons que vous voulez nous ramener dans notre mauvaise histoire, nous traçons une ligne rouge… infranchissable.”

Le Président Kagame est revenu sur le processus de réconciliation engagé après le Génocide contre les Tutsi.

Il a rappelé que le Rwanda a choisi la voie du pardon, y compris envers des personnes ayant reconnu leur participation aux massacres.

Selon lui, cette démarche ne vise nullement à minimiser la gravité des crimes commis, mais répond à une volonté d’empêcher leur répétition en offrant aux auteurs qui reconnaissent leurs actes la possibilité de reconstruire leur vie.

L’éducation comme rempart contre les idéologies destructrices

S’adressant particulièrement à la jeunesse, le Président a rappelé que, même si une grande partie des jeunes Rwandais n’a pas vécu les événements de 1994, ils continuent d’en subir les conséquences.

Il a insisté sur le rôle central de l’éducation dans la transmission de la vérité historique et dans la prévention de nouvelles dérives.

Selon lui, le Génocide contre les Tutsi n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’une idéologie politique qui a progressivement normalisé le crime au point de le récompenser.

Le Chef de l’État a reconnu que des influences extérieures avaient joué un rôle dans cette évolution, mais il a estimé que les Rwandais doivent également interroger leur propre responsabilité.

“Pourquoi avons-nous accepté cela? L’acceptation vient-elle de l’extérieur ou est-elle en nous?”, s’est-il interrogé.

Pour lui, accepter qu’une idéologie étrangère puisse détruire des siècles de coexistence pacifique revient à légitimer cette logique destructrice.

“Une bonne politique et une bonne idéologie produisent de bonnes choses, tandis que les mauvaises produisent le pire. Il n’y a pas deux voies possibles.”

Le Président Kagame a également mis en garde les jeunes Rwandais poursuivant leurs études à l’étranger.

Il a regretté que certains reviennent au pays en adoptant sans discernement les idées de leur environnement, jusqu’à rejeter leur propre identité et attendre que d’autres leur dictent ce qui est juste ou non.

Selon lui, cette absence d’esprit critique peut fragiliser les acquis du pays et ouvrir la voie à de nouvelles formes de manipulation.

La réintégration au service de l’unité nationale

Évoquant les efforts entrepris après la libération du Rwanda, le Chef de l’État a rappelé que le gouvernement avait favorisé le retour des réfugiés installés notamment à Ngara, en Tanzanie, et à Tingitingi, en République démocratique du Congo.

Ces derniers ont été réintégrés dans les institutions publiques et leurs enfants accueillis dans les établissements scolaires, dans le but de renforcer l’unité nationale et d’éviter la répétition des tragédies du passé.

Le Président a toutefois regretté que, parallèlement à ces efforts, certaines personnes aient continué à promouvoir des discours susceptibles de replonger le pays dans ses anciennes divisions.

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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