À Butaro, Bill Gates et Jeannette Kagame mobilisent les acteurs de la santé pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle et infantile
À Butaro, dans le district de Burera, des acteurs majeurs de la santé mondiale se sont réunis le 22 juillet 2026 autour d’un objectif commun: accélérer les efforts visant à réduire la mortalité maternelle et infantile et garantir à chaque femme et chaque enfant un accès équitable à des soins de qualité.
À l’occasion du lancement des “Dialogues de Butaro Paul E. Farmer pour l’équité en santé et l’innovation”, organisés par l’Université de l’Équité en Santé Mondiale (University of Global Health Equity – UGHE) en partenariat avec le Consortium of Medical Schools-Africa (COMS-A), l’américain Bill Gates, fondateur et président du Conseil d’administration de la Gates Foundation, et la Première Dame du Rwanda, Jeannette Kagame, ont appelé à renforcer l’innovation, les investissements et la collaboration pour relever les défis sanitaires actuels.
Ces dialogues ont réuni des responsables gouvernementaux, des chercheurs, des universitaires, des médecins, des partenaires au développement, des organisations de la société civile, des étudiants et de jeunes innovateurs autour d’une question essentielle: comment faire en sorte que les solutions médicales ayant déjà prouvé leur efficacité atteignent effectivement toutes les populations qui en ont besoin.
Madame Jeannette Kagame appelle à transformer les solutions en actions concrètes
Prenant part aux discussions, la Première Dame Jeannette Kagame a appelé les professionnels de santé, les chercheurs et les étudiants à redoubler d’efforts dans l’innovation afin de poursuivre la réduction des décès évitables chez les mères et les enfants.

Elle a souligné que, malgré les progrès considérables enregistrés dans les domaines scientifique et technologique, des femmes continuent encore de perdre la vie pendant la grossesse ou l’accouchement.
“Le monde célèbre les avancées de la science et de la technologie, alors que des femmes continuent de faire face au risque de perdre leur vie en donnant naissance”, a-t-elle déclaré.
Pour elle, le défi majeur aujourd’hui n’est pas seulement de trouver de nouvelles solutions, mais surtout de garantir leur mise en œuvre efficace afin qu’elles bénéficient à toutes les communautés.
“Le problème auquel nous sommes confrontés aujourd’hui n’est pas l’absence de solutions, mais la manière de mettre en œuvre celles qui ont déjà démontré leur efficacité afin qu’elles atteignent chaque mère et chaque nouveau-né”, a-t-elle ajouté.
Elle a insisté sur l’importance des soins de santé primaires et sur la nécessité de rapprocher davantage les services médicaux des populations, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural.
Madame Jeannette Kagame a également mis en avant l’importance de renforcer la collaboration entre les générations afin de préserver les acquis et de préparer l’avenir.
Elle a appelé les étudiants, les chercheurs et les responsables expérimentés à unir leurs efforts pour construire des systèmes de santé plus solides et durables.
Au cours des trois dernières décennies, le Rwanda a enregistré des avancées importantes dans le domaine sanitaire. Le taux de mortalité maternelle a fortement diminué, passant de 1 071 décès pour 100 000 à environ 149 décès pour 100 000, tandis que la mortalité des enfants de moins de cinq ans a connu une baisse considérable.
Bill Gates salue le modèle rwandais de santé publique
Bill Gates a également félicité le Rwanda pour les progrès réalisés dans le secteur de la santé au cours des dernières décennies, notamment dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile.
Il a particulièrement souligné les efforts du pays dans le développement des soins de santé primaires, l’utilisation des technologies numériques et l’exploration de nouvelles solutions, notamment grâce à l’intelligence artificielle.
“Le Rwanda est véritablement à l’avant-garde dans l’utilisation de la technologie au service de la santé”, a-t-il déclaré, ajoutant que l’expérience rwandaise pouvait servir de référence à d’autres pays.

Selon lui, les résultats obtenus par le Rwanda démontrent l’importance d’une approche basée sur des politiques publiques cohérentes, la coordination entre les acteurs et l’investissement dans des solutions adaptées aux réalités locales.
Le recteur de UGHE, Professeur Philip Cotton, a appelé la communauté internationale à mieux aligner ses engagements avec les investissements réellement consacrés au secteur de la santé.
“Nous devons mesurer l’écart entre ce que nous affirmons valoriser et ce que nous investissons réellement, puis travailler ensemble pour le réduire”, a-t-il déclaré.
Créée en 2015, l’UGHE dispose de campus à Kigali et à Butaro. Elle forme des professionnels dans le domaine de la santé mondiale et mène des recherches visant à améliorer les systèmes sanitaires, particulièrement dans les pays où les ressources sont limitées.
Lors de sa visite au campus de l’UGHE à Butaro, Bill Gates a été accueilli par le recteur de l’université, Professeur Philip Cotton. Il a également rendu hommage au Dr Paul Farmer, cofondateur de l’UGHE décédé en 2022, dont il a salué l’engagement en faveur d’un système de santé fondé sur l’équité.
Bill Gates a visité le lieu de repos de Paul Farmer et planté un arbre en sa mémoire, rappelant l’importance de son héritage dans la promotion d’une santé accessible à tous.
Selon lui, Paul Farmer défendait une conviction fondamentale : le lieu où une personne naît ou vit ne devrait jamais déterminer sa capacité à recevoir des soins.
“Il croyait profondément que la vie de chaque personne devait être considérée comme ayant la même valeur”, a déclaré Bill Gates, estimant que cette vision demeure une source d’inspiration pour les efforts actuels visant à améliorer les systèmes de santé.

