A la Journée mondiale des enseignants, le Rwanda accueille la 3ᵉ cohorte d’enseignants de français
A l’occasion de la Journée internationale des enseignants, le dimanche 5 octobre 2025, le ministre rwandais de l’Éducation, Dr Joseph Nsengimana, et la directrice de l’Enseignement et de l’Apprentissage du français à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Dr Rennie Yotova, ont officiellement lancé à Kigali la troisième cohorte d’enseignants volontaires de français.
Cet événement s’inscrit dans le cadre du Programme de mobilité des enseignantes et enseignants volontaires de et en français, initié en 2020 par la Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo.
Un partenariat au service de la qualité de l’éducation

Dans son discours, le ministre Joseph Nsengimana a salué cette nouvelle étape du partenariat entre le Gouvernement du Rwanda et l’OIF, qualifiant la coopération de pierre angulaire de la politique linguistique nationale.
“Ce programme promeut le multilinguisme, valorise le français et améliore la qualité de son enseignement dans nos écoles”, a-t-il déclaré.
Depuis cinq ans, cette initiative a permis la création de clubs francophones, de concours d’orthographe, de théâtre et de poésie, redonnant au français une place vivante dans les écoles primaires et secondaires du pays.
Le ministre a rendu hommage aux deux premières cohortes de volontaires pour leur contribution « remarquable et durable », tout en souhaitant la bienvenue aux 50 nouveaux enseignants venus de 15 pays francophones.
“Votre présence symbolise l’esprit d’entraide et de solidarité qui caractérise la Francophonie. Le Rwanda sera votre seconde patrie”, a-t-il ajouté.
Il a également remercié l’Office rwandais de l’éducation (REB) et les Ecoles normales d’instituteurs (TTCs) pour leur rôle clé dans l’encadrement et la formation continue des enseignants.
Une Francophonie solidaire

Prenant la parole à son tour, Dr Rennie Yotova a rappelé la portée symbolique du lancement en ce 5 octobre, journée dédiée aux enseignants du monde entier.
“Chaque enseignant est porteur d’avenir. La Francophonie agit concrètement pour soutenir les efforts nationaux en faveur d’une éducation de qualité”, a-t-elle affirmé.
Les enseignants volontaires, en collaboration avec leurs homologues rwandais, organiseront des formations pédagogiques, mettront en place des clubs francophones et animeront des activités artistiques telles que des concours d’éloquence, des dictées et des pièces de théâtre scolaires.
Les deux premières cohortes, totalisant 120 enseignants, ont permis à de nombreux élèves rwandais de bénéficier d’un enseignement renforcé en français. Ce travail conjoint avec les enseignants locaux a également favorisé le dialogue interculturel et la solidarité éducative au sein de la communauté francophone.
“En accueillant cette troisième cohorte, nous franchissons une nouvelle étape. Vous incarnez les valeurs de la Francophonie: le partage, l’ouverture et l’engagement. La Francophonie n’est pas seulement une communauté de langue, mais une communauté d’action”, a souligné Mme Yotova, avant de conclure: “Les meilleurs professeurs sont ceux qui savent se transformer en ponts, et qui invitent leurs élèves à les franchir.” Bâtissez des ponts, créez des passerelles, soyez des passeurs de cultures, chers enseignants et surtout soyez fiers d’exercer ce noble métier.”
Renforcer les compétences locales
Le ministre Nsengimana a précisé à la presse que le programme vise à former des enseignants rwandais capables, à terme, de devenir formateurs de leurs pairs dans l’enseignement du français.
“Une fois suffisamment formés, nos enseignants prendront le relais pour diffuser les bonnes pratiques et renforcer la maîtrise du français dans tout le système scolaire “, a-t-il expliqué.
Le Programme des enseignants volontaires de la Francophonie, déployé initialement au Rwanda, s’est depuis étendu aux Seychelles et au Ghana, et sera prochainement lancé au Cambodge, pays hôte du prochain Sommet de la Francophonie, prévu en 2026.
Bien que l’anglais soit la principale langue d’enseignement au Rwanda, le français conserve une place importante comme matière d’apprentissage et de culture, contribuant à l’ouverture du pays sur l’espace francophone.



