Boissons non conformes: le président Kagame place la vie des Rwandais au-dessus des intérêts des producteurs
Le Président de la République, Paul Kagame, a tenu ce lundi 24 août 2026 une conférence de presse au Kigali Convention Centre, au cours de laquelle il a répondu aux questions des journalistes sur plusieurs sujets nationaux, régionaux et internationaux. La rencontre réunissait des journalistes de médias rwandais, des correspondants de médias internationaux établis au Rwanda ainsi que des acteurs influents des réseaux sociaux.
Dès l’ouverture de l’échange, le chef de l’État a défini les principaux axes autour desquels il souhaitait articuler les discussions : la situation économique et ses facteurs internes et externes, l’intégration régionale, notamment dans l’espace de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), les conflits dans la région et le voisinage du Rwanda, ainsi que les grands enjeux internationaux.
Mais au-delà de ces grandes questions, le Chef de l’État a également tenu à saluer le rôle joué par les Rwandais dans les progrès enregistrés par le pays.
Les progrès du Rwanda sont largement dus à sa population
Le Président Kagame a insisté sur la contribution des citoyens à la stabilité et au développement du Rwanda, estimant que les acquis du pays ne peuvent être attribués uniquement aux institutions ou aux dirigeants.
“Les réalisations et les progrès accomplis dans le pays sont largement dus à notre population, à notre peuple qui, même lorsqu’il est confronté à de graves problèmes, reste debout, travaille et avance ensemble”, a-t-il déclaré.
Pour le chef de l’État, cette capacité à rester uni et à continuer à travailler malgré les difficultés constitue l’une des principales forces du Rwanda. Des propos également rapportés par la presse rwandaise à l’issue de la conférence.
La question de l’alcool frelaté s’invite au cœur des échanges
Parmi les sujets abordés, la campagne contre les boissons alcoolisées non conformes aux normes, communément appelées “ibyuma”, a occupé une place importante.
Depuis plusieurs semaines, les autorités rwandaises ont intensifié les opérations contre la production, la distribution et la commercialisation de ces boissons, invoquant notamment les risques qu’elles représentent pour la santé et la sécurité des consommateurs.
Répondant aux interrogations sur les conséquences de la fermeture des unités de production et sur les emplois concernés, le president Kagame a clairement placé la question de la vie humaine et de la santé publique avant les considérations économiques.
Selon lui, le débat ne devrait pas commencer par les pertes subies par les fabricants ou les travailleurs, mais par les conséquences humaines de la consommation de produits dangereux.
“Avant de parler des usines et des travailleurs, nous devons d’abord nous préoccuper de la vie de ces personnes”, a-t-il expliqué.
Le Président a ainsi rejeté l’idée selon laquelle la protection des emplois ou des investissements pourrait justifier la poursuite d’une activité dont les produits mettent en danger la population.
Ces boissons tuent
Le président Kagame a rappelé que la décision de lutter contre les boissons non conformes aux normes découle avant tout des conséquences constatées sur la population.
Il a souligné que certaines victimes meurent rapidement après avoir consommé ces produits, tandis que d’autres peuvent développer des problèmes de santé sur une période plus longue.
Pour le chef de l’État, l’ampleur des décès liés à ces boissons impose donc de traiter le phénomène comme une question de santé publique avant toute autre considération.
Cette position intervient alors que les opérations contre les producteurs de boissons illicites se sont intensifiées à travers le pays.
Le Président a ainsi appelé les personnes impliquées dans la production de boissons non conformes à abandonner cette activité.
La fermeté du discours présidentiel intervient dans un contexte où les enquêtes ont également conduit à l’arrestation de responsables et d’agents publics soupçonnés d’être impliqués dans des irrégularités liées à la production et à la distribution de ces boissons.
Pour le Président, aucune considération liée aux intérêts économiques, aux emplois ou à la survie d’une entreprise ne peut passer avant la nécessité de protéger les consommateurs lorsque des produits sont reconnus comme dangereux.
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