Corruption dans l’éducation en Afrique : Transparency International appelle à des réformes sensibles au genre
Dans un communiqué de presse publié le 27 janvier 2026, par Transparency International (TI) Global et ses antennes nationales en RDC, au Ghana, à Madagascar, au Rwanda et au Zimbabwe, l’organisation lance un appel urgent à des réformes structurelles pour lutter contre la corruption dans les systèmes éducatifs africains et garantir un accès équitable à l’éducation pour toutes et tous.
Selon la note d’orientation politique rendue publique dans ce communiqué, intitulée “Ne laisser aucun apprenant de côté: Lutter contre la corruption et la discrimination dans l’éducation en Afrique”, la corruption constitue un obstacle majeur à l’éducation inclusive, en particulier pour les filles et les groupes marginalisés.
Corruption, discrimination et exclusion: un lien étroit
La note s’appuie sur les résultats d’évaluations des risques de corruption menées dans cinq pays africains — République Démocratique du Congo, Ghana, Madagascar, Rwanda et Zimbabwe — dans le cadre du projet “Prestation de services inclusifs en Afrique” (Inclusive Service Delivery in Africa) -ISDA.
Elle révèle que la corruption se manifeste aux points clés de la prestation des services éducatifs, notamment lors des admissions scolaires, de l’évaluation des élèves, du recrutement des enseignants, de la gestion des marchés publics et de la paie.
Des pratiques telles que le favoritisme, le népotisme, la fraude salariale et le chantage continuent de saper la confiance du public dans les systèmes éducatifs publics et restreignent l’accès à l’éducation pour les plus vulnérables.
La corruption sexiste et discriminatoire au coeur du problème
Cette note d’orientation politique met en lumière la corruption sexiste, et notamment le chantage sexuel, comme un risque omniprésent mais sous-estimé dans les systèmes éducatifs. Les apprenantes sont fréquemment soumises à des pressions pour échanger des faveurs sexuelles contre de bonnes notes, l’admission scolaire, des stages ou des bourses d’études. Pourtant, la stigmatisation, la peur des représailles et la faiblesse des mécanismes de signalement réduisent les victimes au silence.
Les apprenants handicapés sont confrontés à une exclusion aggravée en raison de l’inaccessibilité des infrastructures, des frais informels et des attitudes discriminatoires, tandis que les ménages ruraux et pauvres sont exclus de l’éducation en raison des frais cachés et du favoritisme dans l’attribution des bourses.
Selon Transparency International, ces pratiques constituent une atteinte directe aux droits humains fondamentaux, intensifient l’exclusion sociale et compromettent les progrès vers plusieurs Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l’ODD 4 : Éducation de qualité, l’ODD 5 : Égalité des sexes, l’ODD 16 : Institutions efficaces et inclusives
Appel à une action coordonnée
Pour faire face à ces défis, Transparency International propose une série de réformes coordonnées au niveau national et panafricain, notamment:
- La reconnaissance explicite du chantage sexuel comme une forme de corruption et l’instauration d’une politique de tolérance zéro
- La mise en place de mécanismes de signalement sûrs, confidentiels et accessibles
- Des processus de recrutement transparents et fondés sur le mérite, avec des systèmes de paie numérisés
- Un renforcement du contrôle des marchés publics
- Une participation accrue des communautés dans la gestion éducative
Ces mesures sont jugées essentielles pour bâtir des systèmes éducatifs plus justes, transparents et véritablement inclusifs.
Transparency International appelle donc à un engagement collectif fort des gouvernements africains, des institutions régionales et de la société civile pour éradiquer les pratiques qui entravent l’accès à une éducation digne et équitable.

