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Eau et assainissement: 418 millions d’Africains sans accès de base, l’alerte du Premier ministre Nsengiyumva à Kigali

Eau et assainissement: 418 millions d’Africains sans accès de base, l’alerte du Premier ministre Nsengiyumva à Kigali
Le Premier ministre, Dr Justin Nsengiyumva, s’adresse aux participants au symposium, à Kigali, le 18 août 2026. – Photo © RBA

Le Premier ministre rwandais Justin Nsengiyumva a appelé mardi 18 août les pays africains à revoir leur approche du secteur de l’eau et de l’assainissement, estimant que la construction d’infrastructures ne suffit pas à garantir l’accès durable des populations à des services fiables.

S’exprimant à Kigali à l’ouverture du “Africa Water and Sanitation Systems Leadership Symposium”, qui se tient du 17 au 21 août au Kigali Convention Centre, le chef du gouvernement rwandais a placé la performance des systèmes d’eau et d’assainissement, leur gouvernance et leur durabilité au cœur des priorités africaines.

“Construire des infrastructures est important, mais, dans une large mesure, ce n’est que le début. Veiller à ce que les infrastructures construites fonctionnent efficacement et atteignent durablement les communautés est la véritable mesure du succès”, a déclaré Justin Nsengiyumva.

Cette déclaration résume l’un des principaux défis auxquels le continent reste confronté à l’approche de 2030, échéance fixée pour la réalisation des Objectifs de développement durable.

Selon les chiffres cités par le Premier ministre, 418 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à des services d’eau de base, 779 millions sont privés de services d’assainissement de base et 839 millions n’ont pas accès à des services d’hygiène élémentaires.

Pour Justin Nsengiyumva, ces chiffres ne signifient pas que l’Afrique n’a pas investi dans le secteur. Des réseaux ont été construits, des forages réalisés et des stations de traitement mises en service. Mais une partie de ces infrastructures ne fonctionne pas à leur plein potentiel ou ne permet pas de fournir durablement les services attendus.

Le véritable enjeu consiste donc désormais à passer de l’investissement dans les infrastructures à la fourniture effective de services.

Le Premier ministre a ainsi appelé à renforcer les institutions, améliorer la gouvernance, assurer des mécanismes de financement durables et instaurer une plus grande responsabilité des dirigeants et des opérateurs du secteur.

Cette approche rejoint l’objectif du symposium de Kigali, qui vise à accélérer la transformation des systèmes africains d’eau et d’assainissement en mettant notamment l’accent sur le leadership, la gouvernance, la crédibilité financière et la capacité à attirer des investissements durables.

L’Afrique doit davantage financer son propre avenir hydrique

Dr Justin Nsengiyumva a également insisté sur la question du financement. Pour lui, le continent ne devrait pas limiter le débat à la recherche de nouvelles sources de financement extérieur.

Le Premier ministre, Dr Justin Nsengiyumva, s’adresse aux participants au symposium, à Kigali, le 18 août 2026. – Photo © RBA

Il estime au contraire qu’une meilleure gouvernance des services d’eau peut permettre de mobiliser d’importantes ressources à l’intérieur même des économies africaines.

Il a notamment cité des estimations selon lesquelles une amélioration de la gouvernance, à travers notamment une tarification appropriée, une meilleure collecte des recettes et une gestion financière rigoureuse, pourrait permettre de mobiliser environ 11,5 milliards de dollars supplémentaires par an.

La mobilisation efficace des ressources nationales pourrait, selon les chiffres présentés par le Premier ministre, générer 17,5 milliards de dollars supplémentaires.

“L’avenir de l’eau en Afrique peut et doit être financé par les Africains”, a-t-il affirmé, tout en soulignant que les capitaux, quelle que soit leur origine, sont davantage attirés par des institutions crédibles, transparentes et capables de tenir leurs engagements.

Le Rwanda reconnaît ses propres défis

Le Premier ministre a également adopté un ton particulièrement franc en évoquant les difficultés auxquelles le Rwanda lui-même reste confronté.

Il a notamment cité le niveau encore élevé des pertes d’eau, communément désignées dans le secteur sous le terme de “non-revenue water”.

“Il n’y a rien de “non-revenue” dans une eau qui a été traitée et pompée, mais qui n’atteint jamais les personnes auxquelles elle est destinée”, a-t-il déclaré.

Selon lui, ces pertes représentent à la fois un gaspillage de ressources et une privation de services pour les citoyens.

Le modèle de fourniture des services d’eau en milieu rural, notamment avec la participation d’opérateurs privés, constitue également un chantier encore en cours de consolidation au Rwanda.

Il a toutefois présenté ces difficultés comme des expériences que le Rwanda souhaite partager avec ses partenaires africains, tout en restant disposé à apprendre des solutions développées ailleurs.

Des engagements à transformer en résultats

Le symposium doit aboutir à l’adoption du Communiqué de Kigali sur la transformation des systèmes pour la réalisation de l’Africa Water Vision and Policy 2063.

Le Premier ministre a appelé les ministres, régulateurs, responsables des services publics, maires, financiers, organisations de la société civile et jeunes professionnels à faire de ce document un véritable outil de transformation.

“Le véritable test de cette semaine ne sera pas ce que nous signerons ici à Kigali, mais ce qui changera lorsque nous rentrerons chez nous”, a-t-il souligné.

Pour le Premier ministre, le succès du sommet devra donc se mesurer non pas uniquement aux déclarations adoptées à Kigali, mais aux changements observés dans les institutions, les décisions publiques et, surtout, dans la qualité, la fiabilité et la durabilité des services d’eau et d’assainissement fournis aux populations.

Le symposium de Kigali, organisé conjointement par le gouvernement rwandais et le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW), entend ainsi contribuer à la mise en œuvre de l’Africa Water Vision 2063 et à l’accélération des progrès vers l’Objectif de développement durable n°6 consacré à l’eau propre et à l’assainissement.

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Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias.
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