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Finances: les actifs du secteur financier quadruplent en huit ans et atteignent 16 000 milliards de francs

Finances: les actifs du secteur financier quadruplent en huit ans et atteignent 16 000 milliards de francs

Le Premier ministre, Dr Justin Nsengiyumva, a présenté le 2 octobre 2026 devant les deux chambres du Parlement le bilan des réformes du secteur financier rwandais et les mesures envisagées pour renforcer son rôle dans le financement de l’économie. Il a notamment mis en avant l’expansion des services financiers, la progression de l’épargne et du crédit, tout en soulignant les défis liés au coût du financement et à l’accès des petites entreprises aux capitaux.

Le secteur financier rwandais a connu une expansion importante entre 2017 et 2025, ses actifs passant de 4 000 à 16 000 milliards de francs rwandais. Présentant le bilan des réformes devant les deux chambres du Parlement, le 2 octobre 2026, le Premier ministre Justin Nsengiyumva a exposé les progrès réalisés, les défis persistants et les mesures prévues pour renforcer le financement de l’économie.

Le secteur financier constitue un levier central de la stratégie de développement du Rwanda à l’horizon 2050. Selon le Premier ministre, son expansion doit permettre de mobiliser davantage d’épargne intérieure, de financer les investissements productifs et de faciliter l’accès des entreprises et des ménages aux services financiers.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte de croissance économique soutenue. Entre 2017 et 2025, l’économie rwandaise a progressé en moyenne de 7 % par an. Après une contraction de 2,8 % en 2020, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 8,2 % en 2023, de 7,2 % en 2024 et de 9,4 % en 2025. Au premier semestre 2026, la croissance a atteint respectivement 10 % et 9,4 % aux deux premiers trimestres.

Des actifs financiers multipliés par quatre

Entre 2017 et 2025, les actifs du secteur financier sont passés de 4 000 à 16 000 milliards de francs rwandais, leur poids dans le PIB progressant de 53 % à 68 %.

Cette expansion s’est accompagnée d’une restructuration du secteur. Le nombre de banques est passé de 15 à 11 et celui des institutions de microfinance de 473 à 70, notamment à la suite de regroupements. En revanche, les compagnies d’assurance sont passées de 16 à 18, les institutions de retraite de 1 à 12 et les intermédiaires des marchés financiers de 21 à 35. Les entreprises agréées de technologie financière sont, quant à elles, passées de 3 à 36.

Le Premier ministre a également relevé l’amélioration de certains indicateurs de stabilité bancaire. En 2025, le ratio de solvabilité des banques atteignait 21,9 %, au-dessus du minimum réglementaire de 15 %. Le taux de créances non performantes a diminué, passant de 7,6 % en 2017 à 2,5 % en 2025.

L’accès aux services financiers s’élargit

Les réformes et le développement des paiements numériques ont contribué à rapprocher les services financiers de la population. La proportion des Rwandais ayant accès aux services financiers formels est passée de 68 % en 2017 à 92 % en 2024. En incluant les personnes qui utilisent les groupes d’épargne informels, cette proportion atteint 96 %.

En 2025, 73,7 % des adultes avaient effectué des paiements électroniques. Le nombre de transactions numériques est passé d’environ 256 millions en 2017 à 3,1 milliards en 2025.

Le gouvernement a également introduit eKash en 2026, un système d’interconnexion permettant aux institutions financières de transférer des fonds plus rapidement, avec des frais annoncés ne dépassant pas 20 francs rwandais par opération et un plafond de transaction de 10 millions de francs.

Épargne et financement des entreprises

L’épargne intérieure est passée de 14,7 % du PIB en 2017 à 22,8 % en 2025. Le gouvernement vise 25,9 % d’ici 2029. Dans le même temps, les crédits au secteur privé ont progressé de 1 464 milliards à 5 275 milliards de francs rwandais.

Le financement des petites et moyennes entreprises reste néanmoins un défi. En 2025, les crédits accordés aux PME atteignaient 608 milliards de francs rwandais. Le gouvernement entend renforcer les mécanismes de garantie pour faciliter l’accès au crédit des entreprises qui ne disposent pas de sûretés suffisantes.

Le secteur des retraites connaît également une progression. Le nombre de cotisants est passé de 374 585 en 2017 à 884 400 en 2025. Le programme Ejo Heza comptait près de quatre millions de contributeurs, avec une épargne cumulée de 49 milliards de francs rwandais.

Le coût du crédit et l’inclusion parmi les priorités

Malgré ces évolutions, plusieurs obstacles persistent. Le coût moyen du crédit s’établissait à 15,79 % en juin 2026. Le gouvernement identifie également la faiblesse de l’épargne intérieure, le développement encore limité du marché des capitaux, l’accès difficile des PME au financement et la couverture insuffisante de l’assurance et des retraites.

Pour y répondre, il prévoit de développer l’épargne à long terme, d’encourager davantage d’entreprises à accéder au marché des capitaux et de renforcer Kigali comme centre financier régional, notamment à travers le Kigali International Financial Centre. Celui-ci a mobilisé plus de 600 milliards de francs rwandais depuis sa création, selon le Premier ministre.

Les mesures annoncées comprennent aussi le développement des infrastructures de paiement, le renforcement de la cybersécurité et la protection des consommateurs contre les fraudes. Les plaintes pour fraude financière sont passées de 4 128 au deuxième trimestre 2025 à 2 879 au deuxième trimestre 2026.

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