Idées partagées autour de la délégation des Banyamulenge reçue par le président burundais Évariste Ndayishimiye
Le 17 mars 2026, le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a reçu une délégation de l’association Banyamulenge Global Advocacy. Selon la presidence burundaise, cette rencontre avait pour objectif officiel de saluer les efforts du Burundi en faveur de la paix en République démocratique du Congo et d’exprimer la gratitude de la communauté Banyamulenge pour le soutien apporté aux réfugiés présents sur le territoire burundais.
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a vivement réagi à cette visite. Il y voit un exemple de manœuvre consistant à instrumentaliser certains individus contre leur propre communauté, rappelant les pratiques de l’ancien president rwandais Juvénal Habyarimana et de son parti MRND dans les années 1990.
Selon lui, la délégation, pour la plupart exclue de la principale association Banyamulenge, ne reflète pas les véritables intérêts de sa communauté. Nduhungirehe a estimé que, si ces individus se présentent comme des militants pour la communauté, ils devraient se rendre à Minembwe, dans les Hauts Plateaux, pour constater sur place les frappes aériennes des FARDC, les destructions de maisons et de moyens de subsistance, ainsi que le blocus imposé par l’armée burundaise.
Le ministre rwandais a également insisté sur le fait que le président Ndayishimiye a reçu la délégation en sa qualité nationale, et non pas en tant que président de l’Union africaine, précisant qu’aucun mandat officiel de l’UA ne lui avait été donné pour cette rencontre.
Au sein de la communauté, les critiques sont claires:
- Les individus reçus ne sont pas reconnus comme représentants légitimes par la communauté, ni aux États-Unis ni ailleurs.
- Certains avaient été affiliés à la Mahoro Peace Association, mais ont créé une plateforme autonome pour renforcer leur visibilité et prétendre représenter les Banyamulenge.
- Ces mêmes individus ont été reçus à Washington par Patrick Muyaya, ministre de l’Information du gouvernement congolais, et plus récemment au Burundi par le président Ndayishimiye, ce qui alimente les inquiétudes sur une instrumentalisation politique.
Enjeux humanitaires et sécuritaires
La situation des civils Banyamulenge dans les Hauts Plateaux, et notamment à Minembwe, reste préoccupante:
- restrictions imposées par les troupes burundaises sur la liberté de circulation,
- accès limité aux marchés et aux besoins essentiels,
- conséquences des frappes aériennes de la FARDC sur les habitations et les moyens de subsistance.
Ces réalités soulignent la nécessité d’une vérification indépendante et d’une attention renforcée de la communauté internationale.
Face à ces développements, plusieurs appels ont été lancés: rejeter la désinformation et les représentations non légitimes de la communauté, encourager la transparence et la reddition de comptes, mobiliser la communauté internationale pour surveiller la situation et amplifier la voix des civils affectés, en quête de protection, de reconnaissance et de sécurité.

