Ingabire Victoire récuse les juges du Tribunal de Kigali
Victoire Ingabire Umuhoza, poursuivie pour des accusations incluant la tentative de renversement du gouvernement, a récusé mardi la formation des juges appelée à instruire son procès au fond devant le Tribunal de Grande Instance de Kigali.
Le procès, qui devait s’ouvrir le mardi 2 septembre 2025, concerne également plusieurs anciens membres du parti non encore enregistré au Rwanda, Dalfa-Umurinzi, ainsi que le journaliste Théoneste Nsengimana, de la chaîne YouTube Umubavu TV.
Trois arguments avancés
Avant même l’examen du fond, Ingabire avait introduit une requête sollicitant le report de l’audience, s’appuyant sur trois motifs principaux.
D’abord, elle exige la présence de son avocate kényane, Me Emily Kwamboka Osiemo. Déjà sollicitée lors de précédentes étapes de la procédure, cette dernière n’a pas été autorisée à plaider au Rwanda, en raison de l’absence d’accord de réciprocité entre les barreaux du Rwanda et du Kenya. Pour l’instant, Ingabire est défendue par Me Gatera Gashabana et Me Gashema Félicien, qui a déjà plaidé dans ce dossier.
Ensuite, elle évoque un recours pendant devant la Cour suprême. L’opposante conteste en effet la décision du Tribunal de Grande Instance d’ordonner une enquête approfondie à son encontre, qu’elle considère contraire à la Constitution.
Enfin, elle dénonce un délai insuffisant pour préparer sa défense, affirmant n’avoir eu accès à l’acte d’accusation du parquet que le 20 août 2025.
La récusation des juges
Invitée à clarifier sa position sur la question de sa défense, Ingabire a surpris l’assistance en annonçant la récusation de l’ensemble du collège des juges. «Je ne m’attendais pas à ce que ce soit vous qui jugiez cette affaire, puisque vous aviez déjà décidé de l’ouverture d’une enquête contre moi. Je considère que vous avez pris parti et que je ne peux donc espérer un procès équitable », a-t-elle déclaré.
Selon la loi, la récusation d’un juge doit être confirmée par écrit dans les 24 heures, avec les motifs détaillés. Si elle est acceptée, les magistrats concernés seront remplacés et le procès reprogrammé. Dans le cas contraire, la même formation poursuivra les débats.

