Kigali accueille le Symposium des Commandants des Forces Terrestres
Le président Paul Kagame a ouvert ce mardi, le 2ᵉ Symposium des Commandants des Forces Terrestres à Kigali. Plus de 30 pays africains et des délégations internationales (dont la France, la Jordanie et le Qatar) y sont représentés, afin de renforcer le partage d’expériences et de stratégies pour la paix et la sécurité sur le continent.
Sous le thème «Exploiter les capacités des forces terrestres pour une mise en œuvre renforcée des stratégies de paix et de sécurité», les travaux se concentrent notamment sur la façon dont les forces terrestres peuvent s’adapter à de nouveaux défis: guerre de drones, cyberattaques, conflits asymétriques et coopérations bilatérales ou multilatérales.
Le président Kagame a insisté sur l’importance d’un équilibre entre rapidité et précision : « La vitesse sans précision est dangereuse; et la précision sans vitesse est inutile.» Selon le président, «les forces terrestres sont les premières à être déployées et les dernières à quitter», ce qui les place au cœur des interventions en situation de crise.
«La souveraineté aujourd’hui, ce n’est pas seulement les frontières, c’est aussi notre capacité à choisir nos partenaires à partir d’une position de force et de défendre nos intérêts», a déclaré le président Kagame.
«L’Afrique connaît encore le plus grand nombre de conflits actifs dans le monde. Faire face à cette réalité exige des partenariats continentaux solides et des mécanismes de coordination. Nous ne pouvons pas attendre que d’autres assument la responsabilité de la sécurité de l’Afrique. Aucun des défis auxquels nous faisons face n’est hors de notre capacité à être géré ou résolu», a martelé le chef de l’État lors de la cérémonie d’ouverture.
Le symposium aborde notamment la coordination entre forces terrestres et actions multilatérales, l’intégration de technologies (drones, renseignement, cyberdéfense) dans les opérations terrestres, l’adaptation aux menaces asymétriques et aux conflits hybrides, ainsi que l’importance de partenariats bilatéraux solides comme complément utile aux cadres multilatéraux.
Le message du président Kagame souligne que les conflits changent de nature : « Les conflits sont de plus en plus asymétriques et complexes… les forces terrestres doivent agir comme premières intervenantes et stabilisatrices dans des environnements volatils. »
La guerre moderne ne se joue pas uniquement sur le terrain mais aussi dans l’espace numérique: «Notre économie et nos systèmes de sécurité reposent sur des réseaux numériques qui transcendent la géographie. Les cyberattaques et la désinformation peuvent déstabiliser des nations tout aussi efficacement que des attaques armées», a ajouté le président.
Le symposium de deux jours réunit au moins 18 commandants de forces terrestres africaines, en plus d’autres hauts gradés de pays partenaires. Il offre un cadre pour explorer comment les capacités terrestres peuvent être mieux exploitées en appui aux opérations de maintien de la paix ou de réponse aux crises.

