Kwibuka 32: baisse des cas liés à l’idéologie du génocide, mais la vigilance reste de mise
L’Office Rwandais d’Investigation (RIB) a annoncé une diminution notable des infractions liées à l’idéologie du génocide enregistrées durant la semaine de commémoration, qui s’est déroulée du 7 au 13 avril 2026.
Selon les données présentées par le porte-parole de l’institution, Thierry Murangira aux microns de RBA, 47 dossiers impliquant 53 suspects ont été instruits au cours de cette période. Au total, 59 personnes ont été interpellées pour des faits liés à l’idéologie du génocide et à des infractions connexes.
Une baisse significative des cas enregistrés
Comparativement à la même période en 2025, où 76 dossiers avaient été enregistrés, les cas ont diminué de 38,2 %. Le nombre de personnes arrêtées a également connu une baisse de 27,2 %, passant de 81 suspects en 2025 à 59 en 2026.
Par ailleurs, les infractions liées à la discrimination et à l’incitation à la division ont légèrement reculé, passant de six cas en 2025 à cinq cette année, soit une diminution de 16,7 %.
Répartition géographique des infractions
L’analyse par province révèle que la province du Sud enregistre le plus grand nombre de cas, avec 14 incidents, soit près de 30 % du total. Elle est suivie par la province de l’Est avec 13 cas, la province de l’Ouest avec 10 cas, tandis que la ville de Kigali en compte sept et la province du Nord trois.
Des actes souvent dirigés contre les survivants
Selon le porte-parole de RIB, la majorité des infractions constatées visent des survivants du génocide, notamment à travers des propos de haine, d’intimidation ou d’incitation à la violence.
“Lorsqu’on analyse ces cas, on constate que la plupart sont commis contre les survivants du génocide, souvent à travers des paroles destinées à blesser ou à provoquer”, a-t-il indiqué, appelant la population à faire preuve de responsabilité et à éviter tout comportement de nature à raviver les divisions.
Profil des suspects
Les données de RIB indiquent que la tranche d’âge la plus représentée parmi les suspects est celle des 37 à 46 ans, avec 28,3 % des cas. Elle est suivie par les personnes âgées de 57 ans et plus (24,3 %) et celles âgées de 27 à 36 ans (22,6 %).
Les hommes représentent près de 90 % des personnes mises en cause.
En ce qui concerne le niveau d’instruction, la majorité des suspects (58,5 %) ont un niveau d’éducation primaire, tandis que 32,1 % n’ont reçu aucune éducation formelle. Seuls 3,8 % disposent d’un niveau universitaire.
Si ces chiffres traduisent une évolution encourageante, le RIB rappelle que la lutte contre l’idéologie du génocide reste une priorité nationale. Il appelle les citoyens à la vigilance, au respect des valeurs d’unité et à la dénonciation de tout acte ou discours susceptible de raviver les divisions.

