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La Haye refuse de transférer Félicien Kabuga au Rwanda

La Haye refuse de transférer Félicien Kabuga au Rwanda

La justice internationale a décidé. Le Mécanisme résiduel des Nations unies, chargé d’achever les derniers dossiers du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a annoncé vendredi 14 novembre que Félicien Kabuga ne serait pas transféré au Rwanda. Âgé et déclaré inapte, l’ancien homme d’affaires restera détenu au centre pénitentiaire de l’ONU à La Haye.

Selon l’avis des experts médicaux, un déplacement vers Kigali présenterait un risque sérieux pour la santé physique et mentale de Kabuga. Souffrant de démence, il avait déjà vu son procès suspendu en septembre 2023 après que le Mécanisme l’a déclaré inapte à être jugé.

Depuis cette date, les Nations unies tentent de lui trouver un pays d’accueil. Deux États ont refusé de le recevoir, dont la France, où il avait été arrêté en mai 2020.

En septembre 2025, le procureur du Mécanisme, Serge Brammertz, avait demandé son transfert au Rwanda, rappelant que le pays respecte les droits humains et s’est engagé à garantir le respect intégral des droits de Kabuga. Mais les juges ont rejeté cette option, tout en appelant les États consultés à coopérer pour trouver une solution durable.

Le Ministre Bizimana réagit: une décision incompréhensible

Le ministre rwandais de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Dr Jean Damascène Bizimana, a réagi sur son compte X: “Comment la Cour internationale peut-elle continuer à détenir Félicien Kabuga sans raison justifiable ?”

Il rappelle qu’en août 2023, le Mécanisme avait lui-même ordonné sa libération en raison de son inaptitude, mais qu’aucun pays, à l’exception du Rwanda, n’a accepté de l’accueillir.

Pour le ministre, l’affaire Kabuga illustre une situation plus large touchant les anciens responsables du génocide perpétré contre les Tutsi jugés par des juridictions internationales. Plusieurs d’entre eux, autrefois condamnés ou acquittés par le TPIR, vivent depuis des années en exil, souvent sans statut légal.
Depuis 2021, au Niger, certains sont même décédés dans ces conditions: Col. Anatole Nsengiyumva, Lt-Col Tharcisse Muvunyi et Protais Zigiranyirazo, dont les funérailles controversées en France ont finalement abouti à une crémation.

D’autres sont morts loin de leur pays, au Canada, en Belgique, en France ou aux États-Unis, parmi eux:
Jérôme Bicamumpaka, Joseph Kanyabashi, Colonel Aloys Simba, Jean Bosco Barayagwiza, entre autres.

La liste s’allonge également de plusieurs condamnés du TPIR enterrés à l’étranger, notamment Théoneste Bagosora, Clément Kayishema ou François Karera.

Pour le ministre Bizimana, cette situation doit servir de leçon à ceux qui continuent de défendre l’idéologie du génocide ou de se présenter comme héritiers des crimes de leurs parents. Il estime que: “la paix revient à ceux qui se repentent, pas à ceux qui persistent dans le déni.”

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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