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La mairie d’Orléans s’oppose à l’inhumation au grand cimetière de Protais Zigiranyirazo

La mairie d’Orléans s’oppose à l’inhumation au grand cimetière de Protais Zigiranyirazo
Zigiranyirazo, lors de son procès devant le Tribunal pénal international en 2008. © AFP

Protais Zigiranyirazo, de son vrai nom, est mort au Niger le 3 août et devait être enterré à Orléans le jeudi 28 août. Mais son passé est rapidement remonté à la surface et la mairie d’Orléans a décidé de suspendre l’autorisation d’inhumation.

Du côté de la municipalité, la réaction ne s’est pas fait attendre. Protais Zigiranyirazo « est reconnu pour avoir joué un rôle direct et déterminant dans le génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda », écrit la ville dans un communiqué diffusé ce mardi après-midi. Pour la mairie et pour le maire Serge Grouard, inhumer « Monsieur Z » à Orléans « apparaît incompréhensible au regard de la gravité des faits qui lui sont reprochés ».

Le communiqué évoque un « risque grave de troubles à l’ordre public » lors de l’inhumation, ainsi que « la possibilité sérieuse que la sépulture […] devienne un lieu de rassemblement ou de glorification pour les auteurs et complices du génocide ». La ville a donc pris la décision d’annuler l’autorisation d’inhumation, « délivrée en méconnaissance du passé du défunt », est-il écrit dans l’arrêté signé par le maire ce mardi.

La famille de Protais Zigiranyirazo dispose de deux mois pour faire appel de la décision municipale auprès du tribunal administratif.

C’était le scandale que personne n’avait vu venir. Ce jeudi 28 août devait se tenir, sans grande discrétion, l’enterrement de Protais Zigiranyirazo au grand cimetière d’Orléans. Une inhumation qui aurait dû rassembler près de 400 personnes.

Pourtant, Protais Zigiranyirazo n’était pas particulièrement lié à la ville. Depuis 15 ans, il vivait à Niamey, capitale du Niger, où il est décédé le 3 août. Mais il n’était pas nigérien non plus, mais rwandais, et surtout accusé par de nombreux spécialistes et témoins de l’époque d’avoir été le « cerveau » du génocide des Tutsis au Rwanda.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda l’avait condamné en 2008 à 20 ans de prison pour sa participation au génocide, avant de l’acquitter en appel en 2009, « pour des motifs strictement procéduraux et non à la suite d’un débat sur le fond », a réagi dans un communiqué ce mardi 26 août Ibuka France, principale association mémorielle du génocide des Tutsis.

Source: France Info

NDLR : Le collectif des rescapés du génocide des Tutsis, Ibuka France, avait dénoncé une offense à la mémoire des victimes dans un communiqué publié le lundi 25 août.

Lisez aussi : https://laune.rw/inhumation-de-protais-zigiranyirazo-en-france-ibuka-denonce-une-offense-a-la-memoire-des-victimes-2/

 

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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