Le budget national 2026/2027 Rwanda devrait atteindre près de 7 800 milliards de francs rwandais
Le gouvernement rwandais prévoit de porter le budget national à 7 796,3 milliards de francs rwandais pour l’exercice 2026/2027, soit une augmentation de 844,2 milliards de francs par rapport au budget révisé de 6 952,1 milliards de francs de l’année 2025/2026. Cette hausse représente une progression de 12,1 %.
Le ministre des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, a présenté ce lundi devant le Parlement l’avant-projet de loi de finances ainsi que le document-cadre budgétaire couvrant la période 2026/2027-2028/2029. Ce document fixe les grandes orientations macroéconomiques et les priorités budgétaires du gouvernement pour les trois prochaines années.

Selon le ministre, l’augmentation des dépenses publiques sera principalement liée à l’accélération des travaux de construction du nouvel aéroport international de Kigali ainsi qu’au renforcement du soutien accordé à la compagnie nationale RwandAir afin de l’aider à faire face aux conséquences du conflit en cours au Moyen-Orient.
Le gouvernement prévoit que les recettes intérieures atteindront 5 273,8 milliards de francs rwandais au cours du prochain exercice budgétaire. Sur ce montant, 4 429,1 milliards proviendront des recettes fiscales tandis que 582,4 milliards seront issus des recettes non fiscales. Les dons extérieurs sont estimés à 548,3 milliards de francs, alors que les emprunts extérieurs devraient atteindre 1 974,1 milliards de francs.
Dans la répartition des dépenses, 4 779,1 milliards de francs seront consacrés aux dépenses courantes de l’État, tandis que 3 017,2 milliards seront alloués aux projets de développement et aux investissements publics.
Les conséquences du conflit au Moyen-Orient prises en compte
Le ministre Yusuf Murangwa a indiqué que la préparation du budget 2026/2027 tient compte des effets du conflit au Moyen-Orient sur l’économie rwandaise, notamment la hausse des prix sur les marchés internationaux.
Le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran a notamment entraîné des perturbations sur le marché énergétique mondial après la fermeture du détroit d’Hormuz par l’Iran, une voie stratégique par laquelle transitent près de 20 % des produits pétroliers mondiaux.
Selon le gouvernement, cette situation a contribué à l’augmentation de l’inflation au Rwanda. Les prix à la consommation ont progressé de 13 % en avril 2026 contre 9,2 % en mars, principalement en raison de la hausse des prix des produits pétroliers, du gaz et des denrées alimentaires.
Malgré ce contexte international difficile, le gouvernement prévoit une croissance économique moyenne de 6,8 % en 2026. Cette croissance pourrait atteindre 7,2 % en 2027 avant de se stabiliser autour de 7 % à moyen terme.
L’agriculture, les services sociaux et les infrastructures parmi les priorités
Le ministre des Finances a précisé que les projets et programmes retenus dans le budget ont été sélectionnés conformément aux priorités de la Deuxième Stratégie nationale de transformation (NST2), après consultation des différents ministères et institutions publiques.

Les investissements prévus s’articuleront autour de trois principaux piliers : la transformation économique, la transformation sociale et la gouvernance transformationnelle.
Dans le domaine économique, le gouvernement entend accélérer la croissance inclusive dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et des services, tout en renforçant la résilience climatique. Les autorités souhaitent également développer la production industrielle locale, stimuler les exportations, renforcer le secteur financier et créer davantage d’emplois durables.
Sur le plan social, les priorités porteront sur l’amélioration de la qualité de l’éducation et des services de santé, le renforcement de la nutrition et du développement de la petite enfance ainsi que la réduction du retard de croissance chez les enfants.
Le gouvernement prévoit également de poursuivre les réformes fiscales harmonisées avec les politiques communes de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), tout en renforçant les mécanismes de prévention des catastrophes et d’adaptation aux changements climatiques.
Une exécution budgétaire jugée encourageante
Le ministre Yusuf Murangwa a également indiqué que l’exécution du budget révisé 2025/2026 progresse de manière satisfaisante. Entre juillet et décembre 2025, les recettes fiscales, taxes et dons ont atteint 2 394,1 milliards de francs rwandais, soit 46 milliards de plus que les prévisions initiales.
Au cours de la même période, les dépenses publiques se sont élevées à 2 931,6 milliards de francs, contre 3 213,9 milliards initialement prévus, représentant une réduction de 282,3 milliards de francs par rapport aux prévisions budgétaires.

