Le ministre Nduhungirehe accuse des experts de l’ONU de complaisance envers les FDLR
Le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’ambassadeur Olivier Nduhungirehe, a vivement critiqué les experts des Nations unies, qu’il accuse de parti pris en faveur des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé qualifié de terroriste et soutenu par les autorités de la République démocratique du Congo (RDC).
Ces accusations font suite à la publication, le 30 décembre 2025, d’un rapport rédigé par cinq experts onusiens couvrant la situation sécuritaire en RDC entre janvier et octobre 2025. Le document se concentre principalement sur les actions de l’Alliance Fleuve Congo / M23 (AFC/M23), qui contrôle de larges zones dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dirigé par Krisztina Varga, le groupe d’experts affirme que les combattants de l’AFC/M23 auraient déplacé des civils de force et les auraient empêchés d’accéder à leurs terres agricoles. Le rapport soutient également que les opérations militaires visant les FDLR auraient provoqué la fuite de nombreux civils vers l’Ouganda, en provenance du territoire de Rutshuru.
Les experts vont plus loin en indiquant que les attaques ciblant un groupe spécifique, les FDLR et les civils qui leur sont affiliés, en particulier ceux de l’ethnie hutu, pourraient constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité.
Pour le ministre Nduhungirehe, ces accusations visent à banaliser la nature criminelle des FDLR et à le présenter comme une simple victime du conflit. Selon lui, cette posture confirme la complaisance des experts onusiens à l’égard de ce groupe armé.
“Un petit groupe de cinq agents de l’ONU, qualifiés à tort d’experts, tente de fabriquer un récit biaisé de la situation en RDC, en faveur des génocidaires du FDLR, alors même que leur démantèlement constitue un pilier essentiel des accords de paix de Washington”, a-t-il déclaré.
Le chef de la diplomatie rwandaise affirme en outre que ce rapport repose sur des informations fabriquées, alors que les médias d’État congolais, notamment la RTNC, ainsi que certains responsables politiques, continuent de diffuser des discours de haine et une idéologie génocidaire.
Pendant ce temps, ajoute-t-il, les civils, notamment les populations tutsies vivant dans l’est de la RDC, continueraient d’être la cible de bombardements de l’armée congolaise.
Enfin, Olivier Nduhungirehe a estimé que les fonds alloués par les États membres des Nations unies ne devraient pas servir à financer des acteurs qu’il accuse de soutenir indirectement la violence et l’instabilité persistantes en RDC.

