Kagame à Conakry: L’intelligence artificielle doit répondre aux besoins africains
Le président du Rwanda Paul Kagame a pris part le mercredi 12 novembre 2025 à l’ouverture du “Sommet Transform Africa 2025”, tenu cette année à Conakry, en Guinée. Accueilli par son homologue guinéen, le colonel Mamadi Doumbouya, le chef de l’État rwandais a également participé au lancement du projet de minerai de fer de Simandou, considéré comme le plus vaste chantier minier au monde.
Organisé sous le thème “IA pour l’Afrique: innover localement, impacter globalement”, le sommet rassemble chefs d’État, décideurs, experts et acteurs du numérique pour réfléchir à la place de l’intelligence artificielle (IA) dans le développement du continent. L’événement, initié par l’Alliance Smart Africa, ambitionne d’accélérer la transformation numérique de l’Afrique, un projet né il y a plus de dix ans à Kigali.
Une décennie après Kigali, une vision toujours d’actualité
Dans son allocution, le président Kagame a rappelé les débuts de cette initiative: “Il y a plus d’une décennie, le Sommet Transform Africa a été lancé à Kigali, alors qu’une révolution numérique se dessinait à l’échelle mondiale. Les opportunités étaient claires: investir dans le haut débit et utiliser la connectivité comme tremplin pour un développement plus compétitif.”
Selon lui, les engagements pris à cette époque demeurent valables. Cependant, il souligne que le contexte a profondément évolué: “Aujourd’hui, nous devons faire face à un monde plus complexe et interconnecté, où l’évolution des technologies de pointe s’accélère à un rythme sans précédent.”
Au cœur du sommet de cette année, l’intelligence artificielle suscite un grand intérêt. Pour le président Kagame, l’enjeu ne réside pas seulement dans la rapidité avec laquelle l’Afrique adoptera cette technologie, mais dans la pertinence des problèmes qu’elle choisira de résoudre: “Le succès de l’Afrique dépendra non seulement de la vitesse à laquelle nous déployons cette technologie, mais aussi des domaines dans lesquels nous l’appliquons. Les solutions adaptées à nos réalités et à nos besoins de développement produiront les meilleurs résultats.”
Le président Kagame a indiqué que pour le Rwanda, l’IA devrait contribuer à 5 % du PIB national, en stimulant des secteurs clés tels que la santé, l’éducation et l’agriculture.
En marge du sommet, Kagame a présidé la 12ᵉ réunion du Conseil de Smart Africa, consacrée aux priorités stratégiques de l’alliance, notamment l’intégration de l’IA dans les politiques publiques et les projets régionaux.
Il a appelé à une collaboration renforcée entre gouvernements, secteur privé, milieu académique et partenaires du développement: “Le véritable test de notre progrès sera notre capacité à concrétiser et à étendre ces projets pour obtenir des résultats mesurables. Chaque retard mine la crédibilité de l’Afrique, tandis que chaque engagement tenu accélère le changement sur le terrain.”
Aux côtés du président Doumbouya et de son homologue gabonais Brice Oligui Nguema, Paul Kagame a également pris part au lancement du projet Simandou, qui comprend la construction d’une ligne ferroviaire de 600 km destinée à servir les activités minières et non minières.

