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RDC: Jusqu’où ira le cycle des violences contre les Banyamulenge?

RDC: Jusqu’où ira le cycle des violences contre les Banyamulenge?

L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a dénoncé, le mercredi 27 août 2025, une nouvelle violation du cessez-le-feu par le régime de Kinshasa, qu’elle accuse de vouloir faire échouer le processus de paix de Doha.

Selon un communiqué signé par son porte-parole Lawrence Kanyuka, les Forces armées congolaises (FARDC), appuyées par les FDLR, les milices Wazalendo, des mercenaires ainsi que l’armée burundaise, auraient attaqué, entre le 26 et le 27 août, les zones densément peuplées de Kadasomwa et ses environs.

L’AFC affirme qu’une offensive généralisée a ensuite été lancée le 27 août contre les villages banyamulenge de Rugezi à Minembwe, dans les Hauts-Plateaux de Fizi. Ces attaques auraient provoqué d’importantes pertes humaines, un déplacement massif des populations et une crise humanitaire jugée «inqualifiable», ce qui forcerait le mouvement rebelle à intervenir «pour protéger les civils sans défense».

Accusations de nettoyage ethnique

Le mouvement rebelle soutient que ces agressions s’inscrivent dans un «vaste plan de nettoyage ethnique» visant les Banyamulenge, mené en complicité avec l’armée burundaise. Il accuse également les institutions nationales et internationales de fermer les yeux sur ces violations, dénonçant une «complicité tacite» qui, selon lui, confère une totale impunité aux auteurs de ces crimes.

Bombardements en cours

Dans sa mise à jour du jeudi 28 août 2025, l’Alliance Fleuve Congo alerte encore sur «l’épuration ethnique en cours» visant les Banyamulenge. Depuis la nuit du mercredi 27 août, les forces coalisées du régime de Kinshasa (FARDC, FDLR, Mai-Mai Wazalendo, mercenaires, Imbonerakure et la Force de défense nationale du Burundi) bombarderaient sans relâche les zones densément peuplées de Minembwe (Mikenke) et Kalehe (Katana, Kavumu, Kadasomwa, Nyabibwe), en utilisant des drones CH-4, des drones kamikazes et de l’artillerie lourde. Ces attaques se poursuivraient à l’heure actuelle.

Quelles perspectives pour le processus de Doha?

Ces nouvelles violences soulèvent des interrogations sur l’avenir du processus de Doha, censé ramener la paix entre Kinshasa et le M23 et stabiliser l’est de la RDC, où les massacres visent particulièrement les rwandophones, et cette fois-ci les Banyamulenge en première ligne.

Des questions demeurent: peut-on encore espérer que les négociations aboutissent malgré la multiplication des offensives militaires? La communauté internationale saura-t-elle exercer une pression suffisante pour contraindre les parties à respecter leurs engagements? L’application effective d’un accord est-elle envisageable dans un climat marqué par la méfiance, les accusations de nettoyage ethnique et la poursuite des bombardements?

L’AFC, tout en condamnant le «silence complice» de la communauté nationale et internationale, réaffirme sa détermination à «défendre et protéger les populations civiles contre cette menace existentielle, quelle qu’en soit la source».

Appel à la communauté internationale

Face à l’escalade des violences, un appel pressant est lancé à la communauté internationale pour qu’elle fasse de la sauvegarde des vies humaines une priorité absolue. Les populations civiles, en particulier les Banyamulenge, continuent de payer le prix le plus lourd de ce conflit. «Les vies humaines comptent» : l’urgence d’actions concrètes s’impose pour protéger les innocents, prévenir un génocide annoncé et garantir le respect du droit humanitaire.

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