RDC: l’AFC/M23 avertit qu’il pourrait s’assumer seul comme mouvement constitutionnel
L’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) a réagi vigoureusement aux accusations portées par la Mission d’établissement des faits du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qui l’incrimine dans les violences commises au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Dans un communiqué officiel rendu public à Goma le 8 septembre 2025, le mouvement affirme que ces conclusions « éloignent l’humanité d’une perception responsable des valeurs humaines et de la défense des droits de l’homme en République démocratique du Congo ».
Le texte, signé par le secrétaire permanent Benjamin Mbonimpa, dénonce une propagande orchestrée pour maintenir au pouvoir Félix Tshisekedi et regrette que, malgré « de multiples clarifications et démentis formulés », certaines organisations internationales persistent dans ce qu’il appelle une campagne de manipulation. L’AFC/M23 estime qu’il est « impensable que des organisations incapables de mener la moindre investigation crédible, parce qu’elles sont absentes du terrain, s’acharnent de manière obsessionnelle contre l’AFC/M23, dans le but de plaire au régime de Kinshasa ».
Le mouvement avertit que, si cette campagne devait continuer, il s’assumerait seul comme « mouvement constitutionnel », en se référant à l’article 64 de la Constitution. Selon lui, les bienfaits de la libération de certaines zones sont déjà « massivement ressentis et applaudis par les citoyens congolais ».
L’AFC/M23 oppose le territoire qu’il dit avoir « libéré » aux zones encore administrées par Kinshasa, dirigées selon ses termes de manière « sauvage » par Félix Tshisekedi. Il affirme que les changements opérés dans ses zones de contrôle contredisent le rapport des Nations Unies et soutient que la paix, la sécurité, le vivre-ensemble et même des projets de développement y ont été rétablis, contrairement aux zones où se trouvent encore des déplacés internes, des réfugiés rwandais et des combattants FDLR.
Dans son communiqué, le mouvement accuse également la communauté internationale de fermer les yeux sur les pratiques du régime en place. Il soutient que Félix Tshisekedi est aujourd’hui « le principal vecteur du chaos » en République démocratique du Congo, en raison des discours de haine, de la prolifération des milices et de l’armement des civils. La situation sécuritaire à Uvira, où des miliciens Wazalendo « à la solde » de Kinshasa mènent, selon lui, la chasse aux Banyamulenge, les tuant et les privant de leurs biens et même d’eau potable, est citée comme une illustration flagrante.
Le texte évoque de graves violations qui, selon l’AFC/M23, n’émeuvent pas les organisations internationales. Il cite notamment l’arrestation illégale de députés à Kinshasa, les restrictions de voyage imposées aux opposants et aux populations swahilophones, l’utilisation des FDLR et de l’armée burundaise contre les civils, ainsi que des cas de viols dans les prisons de Makala, Ndolo et Kasapa. Le mouvement dénonce aussi la répression visant les swahilophones, arrêtés, torturés et exécutés en prison, et accuse le régime d’organiser et de financer les violences commises par des milices telles que CODECO en Ituri et ADF en Ituri et au Nord-Kivu, qui multiplient les massacres contre des enfants, des femmes et des vieillards, particulièrement dans les communautés Hema et Nande.
Enfin, l’AFC/M23 affirme ne pas se sentir concernée par les « allégations captieuses » formulées à son encontre et se réserve le droit de produire une version qu’il juge « plus authentique » de la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo. Selon le mouvement, cette version mettra en lumière « toutes les violations du régime de Monsieur Tshisekedi, longtemps occultées ».

