“Rwanda Shima Imana 2026”: le Premier ministre appelle les Églises à unir leurs forces contre l’alcoolisme et les drogues chez les jeunes
Des milliers de chrétiens venus de tous les coins du pays se sont réunis dimanche au 16 août le 2026 stade Amahoro à Kigali, pour participer à l’édition 2026 de Rwanda Shima Imana (Le Rwanda rend grâce à Dieu), une rencontre annuelle consacrée à la prière, à l’action de grâce et à la célébration du parcours de reconstruction du pays.
Le Premier ministre Dr Justin Nsengiyumva a souligné l’importance du partenariat entre le gouvernement et les organisations religieuses dans la construction du pays. Il a estimé que les progrès accomplis au Rwanda ne pouvaient être attribués aux seuls efforts des pouvoirs publics.
“Rwanda Shima Imana est une occasion de réaffirmer l’importance du partenariat entre le gouvernement et les organisations religieuses”, a déclaré le Premier ministre, saluant notamment leur contribution à la formation de citoyens attachés aux valeurs, au renforcement des familles et à la promotion de l’amour, de l’unité, de la paix, du pardon et du patriotisme.
Les Églises appelées à lutter contre les boissons non conformes
Dans son intervention, Dr Nsengiyumva a également demandé aux responsables des Églises et des organisations religieuses de soutenir les efforts du gouvernement contre plusieurs problèmes sociaux qui touchent particulièrement la jeunesse.
Il a notamment appelé à une mobilisation contre la consommation et la distribution de boissons alcoolisées non conformes, qui constituent, selon lui, une menace pour la santé des jeunes. Le Premier ministre a expliqué que l’alcoolisme pouvait contribuer à la destruction des familles, fragiliser l’économie des ménages et favoriser d’autres problèmes sociaux, notamment les conflits et certaines formes de criminalité.
Il a également cité la consommation de drogues et certaines formes d’alcoolisme parmi les défis auxquels la société rwandaise reste confrontée. Il a invité les responsables religieux à utiliser leur influence pour sensibiliser la population, particulièrement les jeunes, aux valeurs positives et à éviter les comportements susceptibles de compromettre leur avenir.
Pour le Premier ministre, les progrès enregistrés dans la reconstruction du pays, la consolidation de l’économie, la guérison des blessures du passé et le renforcement de la cohésion sociale doivent être accompagnés d’un engagement constant des organisations religieuses.

Dr Nsengiyumva a estimé que la possibilité pour des fidèles de différentes confessions de se retrouver autour d’un même objectif constituait en elle-même un symbole fort de l’unité des Rwandais.
Le Premier ministre a toutefois appelé les responsables religieux à ne pas relâcher leurs efforts, soulignant que le processus de reconstruction et de développement du Rwanda se poursuit. Il les a encouragés à continuer d’enseigner aux citoyens l’importance du travail, de l’autonomie économique et de la lutte contre la pauvreté, tout en mettant en garde contre les personnes qui pourraient les entraîner dans des voies contraires au développement.
Un moment de reconnaissance et de mémoire
Le pasteur Isaïe Ndayizeye, président du comité organisateur de Rwanda Shima Imana et responsable de l’ADEPR au Rwanda, a appelé les participants à rendre grâce à Dieu pour le chemin parcouru par le pays.
Il a rappelé les profondes difficultés auxquelles le Rwanda était confronté après le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 : pertes humaines massives, déplacement de millions de personnes, familles brisées, infrastructures détruites et profondes blessures physiques et psychologiques.
Selon lui, le pays a depuis connu une transformation importante. Il a souligné que le Rwanda est aujourd’hui davantage reconnu sur la scène internationale et contribue à répondre à plusieurs défis mondiaux, notamment en matière de sécurité, de santé et de changement climatique.
Le pasteur Ndayizeye a également exprimé sa gratitude pour la construction d’un Rwanda uni, rejetant les anciennes idées visant à diviser le pays selon des appartenances ethniques. Il a estimé que le maintien d’un seul Rwanda, avec une vision commune, constituait une raison majeure de rendre grâce.
Organisé depuis 2012, Rwanda Shima Imana rassemble chaque année des chrétiens de différentes confessions pour prier et remercier Dieu pour le pays et pour la paix. L’édition 2026 avait pour theme de “Préservons l’héritage de l’action de grâce”.
Au-delà de la dimension religieuse, la rencontre de cette année a ainsi constitué un moment de réflexion sur les trois dernières décennies de reconstruction du Rwanda, tout en mettant l’accent sur la responsabilité partagée entre l’État, les organisations religieuses et la société dans la consolidation des acquis et la réponse aux défis sociaux qui persistent.
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