Transparence budgétaire: le Rwanda améliore son score, mais la participation citoyenne reste un défi
Le Rwanda a enregistré de nouveaux progrès en matière de transparence budgétaire, de participation du public et de contrôle des finances publiques, selon les résultats de l’Open Budget Survey (OBS) 2025. Ces résultats ont été présentés vendredi le 14 août 2026 par Transparency International Rwanda (TI-Rwanda), à l’occasion du Dialogue national sur la transparence budgétaire organisé à Kigali.
La rencontre a réuni les participants issus notamment du secteur public, de la société civile, des médias, des partenaires au développement et du monde académique.

L’Open Budget Survey est une évaluation indépendante, comparative et régulière au monde consacrée à la transparence, à la participation citoyenne et au contrôle des budgets nationaux. Lancée en 2006, cette dixième édition couvre 82 pays. Elle mesure l’accès aux informations budgétaires, la participation du public et le contrôle des finances publiques.
Un score de transparence en hausse
Le Rwanda obtient 55 points sur 100 pour la transparence budgétaire dans l’OBS 2025, contre 50 points en 2023 et 45 en 2021. Cette progression traduit une amélioration continue de la disponibilité des informations sur les finances publiques. Toutefois, le pays reste sous le seuil de 61 points, considéré par l’OBS comme suffisant pour permettre au public d’accéder à des informations budgétaires complètes et utiles au débat public.
L’évaluation relève que le Rwanda produit les principaux documents budgétaires examinés. Des difficultés subsistent toutefois concernant leur publication dans les délais et leur accessibilité. Le rapport souligne notamment des lacunes concernant les rapports de fin d’exercice, les performances budgétaires passées, les risques fiscaux, les dépenses fiscales et certaines informations sur les actifs publics.
La participation citoyenne progresse
La participation du public connaît la plus forte progression. Le score du Rwanda est passé de 16 points sur 100 en 2023 à 26 points en 2025. Il s’agit de la plus importante amélioration enregistrée par le pays en une seule édition de l’OBS sur ce pilier.

Malgré cette avancée, la participation citoyenne demeure le point le plus faible du système budgétaire rwandais. Les résultats appellent donc à renforcer les mécanismes permettant aux citoyens et aux organisations de la société civile de participer à la planification, à l’élaboration, à l’exécution et au suivi des budgets.
Le dialogue national a permis de discuter des moyens de transformer ces résultats en actions concrètes. Le MINALOC est notamment appelé à renforcer une participation citoyenne inclusive et documentée dans la planification et la budgétisation locales, ainsi que dans le suivi des services publics.
Des progrès dans le contrôle budgétaire
Le Rwanda a également amélioré son score global en matière de contrôle budgétaire, qui est passé de 56 à 61 points.
Le score relatif au contrôle par l’audit est en effet passé de 78 à 89 points. Le contrôle parlementaire a également progressé, de 44 à 47 points. Ces résultats soulignent l’importance du contrôle des dépenses publiques.
L’Office de l’Auditeur général est ainsi appelé à renforcer davantage la transparence des audits, l’accès du public aux conclusions et le suivi des recommandations issues des contrôles.
Des améliorations encore nécessaires
Les résultats de l’OBS montrent néanmoins que les progrès réalisés doivent être consolidés. TI-Rwanda souligne notamment la nécessité d’améliorer la ponctualité, l’exhaustivité et l’accessibilité des documents budgétaires.
Le rapport relève aussi des faiblesses dans les procédures de participation. Les citoyens ne disposent pas toujours d’informations suffisantes avant les consultations ni de mécanismes permettant de savoir comment leurs propositions ont été prises en compte.
Pour Apollinaire Mupiganyi, directeur exécutif de Transparency International Rwanda, les progrès enregistrés montrent que le pays continue de renforcer ses systèmes de responsabilité budgétaire. Mais, selon lui, l’enjeu est désormais d’aller au-delà de la simple production de documents pour garantir leur publication à temps, leur accessibilité et une participation réelle des citoyens.

Une position régionale encourageante
Avec 55 points, le Rwanda se classe au deuxième rang en Afrique de l’Est, derrière le Kenya, qui obtient 56 points. En Afrique subsaharienne, il occupe la sixième place. Le score moyen régional de transparence est de 38 points, ce qui place le Rwanda au-dessus de cette moyenne.
À l’échelle mondiale, l’OBS 2025 montre une amélioration modeste. La moyenne de transparence est passée de 45 à 47 points entre 2023 et 2025, tandis que la participation publique est passée de 14 à 18 points. Malgré cette progression, la participation reste le pilier le plus faible dans de nombreux pays.
Pour le Rwanda, les résultats de l’OBS 2025 constituent donc à la fois un progrès et un appel à poursuivre les réformes. L’enjeu est désormais de faire de la transparence budgétaire un véritable outil de responsabilité publique, en améliorant l’accès à l’information, en renforçant le contrôle et en donnant aux citoyens davantage de possibilités de participer au suivi de l’utilisation des ressources publiques.
