RDC: le Groupe de contact international appelle à un plan opérationnel pour neutraliser les FDLR
Le Groupe de contact international (ICG) pour la région des Grands Lacs appelle les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) à élaborer rapidement un plan opérationnel et un calendrier réaliste pour parvenir à une neutralisation effective des FDLR.
Dans une déclaration conjointe publiée le 13 août 2026, l’ICG, présidé par la France et composé notamment des États-Unis, de la Belgique, du Canada, du Danemark, de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Suède, de la Suisse et du Royaume-Uni, prend acte de l’annonce faite le 28 juillet par le gouvernement congolais selon laquelle une faction des FDLR a officiellement accepté et signé un protocole portant sur son désarmement, sa démobilisation et son cantonnement.
L’ICG estime toutefois que la signature de ce protocole doit désormais être suivie d’actions concrètes. Il demande ainsi aux autorités congolaises de mettre en place sans délai un plan opérationnel assorti d’un calendrier réaliste afin d’assurer une neutralisation effective des FDLR, conformément aux engagements pris dans les accords de Washington, au document sur le désengagement des forces et la levée des mesures défensives du Rwanda (CONOPS) du 31 octobre 2024, ainsi qu’à l’accord de Washington du 27 juin 2025.
Le Groupe de contact souligne également l’importance cruciale de la mise en œuvre effective du protocole par le gouvernement congolais. Il l’exhorte à préciser les mécanismes destinés à lutter contre l’impunité, tels que prévus dans le protocole, et à travailler avec la MONUSCO, considérée comme un partenaire essentiel dans sa mise en œuvre.
L’ICG insiste par ailleurs sur un point central: toute forme de cohabitation ou de collaboration opérationnelle avec des éléments des FDLR serait fondamentalement incompatible avec les engagements pris dans le cadre des accords de Washington.
Dans le même temps, le Groupe de contact se dit prêt à saluer toute avancée concrète réalisée par la RDC ou le Rwanda dans le respect des engagements pris dans le cadre du processus de paix.
Il appelle également toutes les parties aux accords de Washington et au cadre de Doha, ainsi que les différents mécanismes de médiation, notamment ceux de l’Union africaine, à poursuivre leurs efforts pour mettre en œuvre les engagements convenus.
L’ICG rappelle aux parties leur obligation de protéger les populations civiles, de respecter les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment les principes de respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, et de procéder immédiatement à une désescalade de la situation.
Le Groupe reconnaît en outre l’importance de l’accord d’échange de prisonniers conclu entre la RDC et l’AFC/M23, qu’il considère comme une mesure essentielle de renforcement de la confiance susceptible de contribuer à réduire les tensions entre les parties au conflit.
À ce titre, l’ICG salue le récent transfert, facilité par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de personnes libérées par les autorités congolaises vers l’AFC/M23, qualifiant cette opération d’avancée dans la bonne direction.
Enfin, le Groupe de contact appelle toutes les parties à respecter leurs obligations au regard du droit international humanitaire et à garantir un accès humanitaire complet, sûr et sans entrave afin que l’aide essentielle puisse parvenir aux populations qui en ont besoin.
Le Rwanda avait contesté l’interprétation de Kinshasa
Le gouvernement rwandais avait rapidement rejeté la présentation faite par Kinshasa du protocole conclu avec les FDLR. La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, avait estimé que l’Accord de Washington exigeait la neutralisation des FDLR, et non la conclusion d’un protocole négocié avec ce groupe armé. Elle avait ainsi considéré que les annonces relatives à un désarmement volontaire ne répondaient pas aux exigences des engagements pris entre la RDC et le Rwanda, tant que les FDLR demeureraient, selon le Rwanda, actives sur les lignes de front et associées aux dispositifs militaires congolais.
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, avait pour sa part dénoncé ce qu’il qualifiait de manipulation de Kinshasa autour de l’annonce du protocole de désarmement. Il a notamment souligné que les FDLR ne sont pas parties aux accords de Washington et ne peuvent, par conséquent, être considérées comme signataires ou partenaires de ces accords.
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Pour le chef de la diplomatie rwandaise, la question centrale reste donc l’exécution des engagements sécuritaires prévus dans le CONOPS et l’Ordre opérationnel (OPORD), et non la conclusion d’un nouvel arrangement avec les FDLR. Kigali estime ainsi que ce protocole risque de retarder ou de contourner la mise en œuvre des obligations de Kinshasa relatives à la neutralisation du groupe armé.

