Santé: le Rwanda réalise sa première chirurgie de l’épilepsie au CHUK
Le Rwanda franchit une étape majeure dans le domaine médical. Le Centre hospitalier universitaire de Kigali (CHUK) a lancé, pour la première fois dans le pays, une campagne de chirurgie de l’épilepsie, marquant un tournant dans la prise en charge de cette maladie.
Cette initiative, débutée le lundi 9 février 2026, s’étend sur une semaine et vise à traiter des patients qui, jusque-là, devaient être envoyés à l’étranger, notamment en Inde, pour bénéficier de cette intervention.
Le premier patient opéré est une femme de 39 ans, qui vivait avec l’épilepsie depuis 15 ans, malgré un traitement médicamenteux sans succès.
Une avancée médicale historique
L’intervention a été réalisée par une équipe de médecins rwandais du CHUK, en collaboration avec des spécialistes étrangers venus appuyer et partager leur expertise.
Jusqu’à présent, au Rwanda, l’épilepsie était principalement traitée par des médicaments. Cependant, certains patients ne répondent pas aux traitements, rendant la chirurgie nécessaire.
Cette première opération s’inscrit dans un programme plus large visant à développer les capacités locales en neurochirurgie et à réduire la dépendance aux soins à l’étranger.
Comprendre l’épilepsie
Selon les spécialistes, l’épilepsie est un trouble neurologique causé par une activité anormale du cerveau, entraînant des crises pouvant se manifester par :
- des pertes de connaissance
- des chutes répétées
- des convulsions
- des troubles moteurs ou comportementaux
Dans certains cas, les patients peuvent également perdre le contrôle de leurs fonctions corporelles.
Une intervention ciblée et prometteuse
Lors de cette première opération, les chirurgiens ont retiré une petite partie du cerveau identifiée comme étant à l’origine des crises, après des examens approfondis par imagerie médicale.
La patiente souffrait d’une forme d’épilepsie localisée sur le côté gauche du cerveau. Après des années de traitement inefficace, son état s’était aggravé, avec des crises fréquentes pouvant survenir plusieurs fois par semaine.
Selon les médecins, ce type d’intervention offre jusqu’à 85 % de chances d’amélioration significative, avec une réduction progressive, voire un arrêt complet des médicaments à long terme.
Pour de nombreuses familles, cette avancée représente un immense espoir. Jusqu’ici, les coûts élevés des traitements à l’étranger rendaient ces soins inaccessibles pour la majorité des patients.
Une accompagnatrice d’un patient a témoigné des difficultés rencontrées pendant des années pour trouver un traitement efficace, saluant aujourd’hui cette nouvelle possibilité offerte au Rwanda.
Un tournant pour le système de santé rwandais
Les médecins estiment que cette initiative constitue une avancée majeure, tant pour les patients que pour le système de santé national. Elle permettra :
- d’améliorer l’accès aux soins spécialisés
- de réduire les coûts liés aux évacuations sanitaires
- et de renforcer les compétences des médecins locaux

