“Soyez des résolveurs de problèmes” – le message du Président Kagame aux jeunes Indangamirwa
Face à 769 jeunes Rwandais réunis au Centre d’entraînement militaire de Gabiro dans le cadre de la 16ᵉ édition d’Itorero Indangamirwa, le Président Paul Kagame a livré un message centré sur la responsabilité, la discipline, l’autonomie et l’engagement dans la construction du Rwanda. Il les a exhortés à ne pas attendre que les solutions viennent des autres, mais à devenir eux-mêmes des “résolveurs de problèmes”.
“Soyez des résolveurs de problèmes. Cherchez toujours en vous-mêmes la solution. Ce qui apporte la solution est déjà en vous. Pourquoi serait-elle chez les autres et pas chez vous ?”, a déclaré le Chef de l’État.
La rencontre s’est tenue mardi 28 juillet 2026 au Centre d’entraînement militaire de Gabiro, où les participants suivent différentes formations destinées à renforcer les valeurs rwandaises, la culture, l’esprit civique, le courage, la discipline et la résilience.

Cette promotion réunit notamment des jeunes Rwandais vivant ou étudiant à l’étranger, des diplômés d’écoles secondaires internationales au Rwanda, des lauréats de la 13ᵉ promotion d’Inkomezabigwi ainsi que des étudiants de différents établissements d’enseignement supérieur.
À travers cette formation, le Rwanda entend également préparer une génération capable de représenter et de promouvoir le pays partout où elle se trouve.
Ne pas attendre que l’État résolve tout
Dans son échange avec les jeunes, le Président Paul Kagame a insisté sur la nécessité de rompre avec une mentalité de dépendance et de plainte.
Il leur a notamment demandé de ne pas devenir de ceux qui répètent que “le gouvernement ne fait rien pour nous”, mais de chercher eux-mêmes les moyens de contribuer aux solutions.
“Soyez une partie de la solution. Soyez une partie du gouvernement, du secteur privé ou de toute autre institution. C’est votre droit, mais ne le faites pas dans un esprit de plainte ou de revendication permanente.”
Pour le Président, l’aide extérieure peut être utile, mais elle ne doit pas devenir une attente permanente.
Il a encouragé les jeunes à développer leurs propres idées, à les partager avec leurs collègues, amis et familles, puis à rechercher les institutions susceptibles de les accompagner.
Une idée peut échouer plusieurs fois avant de produire un résultat, a-t-il expliqué, mais cela ne doit pas empêcher son auteur de continuer à chercher.
“Vous pouvez présenter dix idées et constater que quatre ne fonctionnent pas. Mais si six fonctionnent, pourquoi ne pas essayer ?”, a-t-il lancé.

Il les a ainsi invités à sortir de cette formation avec une nouvelle disposition d’esprit: celle de bâtisseurs, de contributeurs et de résolveurs de problèmes.
Culture, discipline et mémoire: les armes de la jeunesse
Le Chef de lÉtat a également insisté sur le rôle d’Itorero dans la formation de citoyens capables de faire face aux réalités de la vie, au Rwanda comme à l’étranger.
Selon lui, cette institution permet aux jeunes de se retrouver, d’apprendre leur culture, de comprendre leurs valeurs et d’acquérir les repères nécessaires pour affronter les différents défis de l’existence.
“Un individu, une famille et un pays se construisent à partir de leur culture”, a-t-il souligné.
Il a également placé la discipline au cœur de cette construction. Celle-ci, a-t-il expliqué, permet de savoir ce que l’on veut, pourquoi on le veut et comment y parvenir, tout en aidant à faire les bons choix.
La discipline empêche également de s’éloigner de ses objectifs pour se laisser entraîner vers des comportements qui ne construisent pas, mais peuvent au contraire détruire.
Le Chef de l’État a par ailleurs demandé que davantage d’efforts soient consacrés à l’enseignement du kinyarwanda, notamment aux Rwandais vivant à l’étranger.
Il a aussi demandé au Chef d’état-major de la Défense et à l’Inspecteur général de la Police de renforcer davantage l’usage du kinyarwanda au sein des forces de sécurité.

Revenant sur l’histoire du Rwanda, il a rappelé que le pays avait traversé de profondes transformations, notamment durant la période coloniale, qui a selon lui bouleversé certains éléments de la culture et de l’organisation de la société rwandaise.
Il a également rappelé les conséquences de la destruction de l’unité nationale après l’indépendance et les tragédies qui ont marqué l’histoire récente du pays.
Pour les jeunes générations, cette histoire doit être avant tout une leçon.
“Ce qui s’est produit n’aurait jamais dû arriver. Pensez-vous que cela pourrait se reproduire ? J’espère que c’est précisément la raison pour laquelle vous êtes venus ici. Saisissez cette leçon et ne perdez pas votre temps.”
Cette époque est la vôtre
Pour le Président Kagame, le moment est venu pour la jeunesse de prendre pleinement la relève. “Cette époque est la vôtre. C’est sur vous que nous portons désormais nos regards.”
Le Président a rappelé que la lutte de libération avait notamment été menée au nom de l’unité, du développement et du refus de la dépendance.
Il a invité les jeunes à se demander quel Rwanda ils souhaitent laisser aux générations futures.
Le Chef de l’État a également évoqué son propre parcours. Il a raconté avoir grandi en Ouganda dès l’âge de quatre ans et avoir commencé très tôt à s’interroger sur la situation du Rwanda et sur les moyens de résoudre les problèmes auxquels les Rwandais étaient confrontés.
À l’âge de 23 ans, a-t-il expliqué, il a rencontré des personnes partageant la conviction que le problème du Rwanda devait trouver une solution.
Cette expérience personnelle lui a permis de rappeler aux jeunes que la responsabilité envers leur famille, leur avenir et leur pays commence dès maintenant.

Il a également évoqué la lutte de libération et les circonstances qui avaient conduit à prendre les armes, expliquant que celles-ci ne devaient être considérées qu’en dernier recours lorsque les droits fondamentaux étaient gravement bafoués et que les autres voies de résolution avaient échoué.
Après la libération, la sécurisation du pays et la reconstruction de l’unité nationale, a-t-il poursuivi, l’étape suivante est celle du développement.
“Nous avons libéré le pays, nous avons instauré la sécurité et les Rwandais sont redevenus unis. Et après ? L’étape suivante, c’est le développement.”
Il a cité notamment l’amélioration des conditions de vie et de l’éducation, estimant que rien ne devrait empêcher le Rwanda de rejoindre le niveau de développement des pays qui ont déjà réalisé d’importants progrès. “Le Rwanda ne sera pas sauvé par des personnes venues d’ailleurs”
Il a rejeté l’idée que l’avenir du Rwanda puisse dépendre exclusivement de l’aide extérieure. “Le Rwanda ne sera pas sauvé par des personnes venues d’ailleurs. Cela n’arrivera pas. C’est à vous de le faire.”
Les partenaires internationaux peuvent apporter des ressources, a-t-il expliqué, mais ils interviennent généralement dans des pays qui ont déjà construit une partie de leurs propres capacités.
Il a donc appelé les jeunes à prendre en main leur destin et à poursuivre le travail accompli par les générations précédentes.“Partez d’ici avec des projets, individuellement et collectivement. Allez plus loin. Atteignez un autre niveau, à chaque fois”


