Tito Rutaremara accuse la Belgique d’un lourd héritage colonial et de manœuvres diplomatiques hostiles
Tito Rutaremara dénonce l’héritage destructeur du colonialisme belge, qu’il associe aux divisions ayant conduit au génocide contre les Tutsi, ainsi que les ingérences actuelles de Bruxelles dans la région des Grands Lacs et au Rwanda en particulier.
Honorable Tito Rutaremara, président du Conseil des Sages du Rwanda, est une voix régulièrement entendue sur X, où il partage ses analyses, conseils et opinions sur des questions politiques, sécuritaires et diplomatiques, tant au niveau national que régional et international.
Ce samedi, il a publié une tribune virulente dans laquelle il revient sur l’impact destructeur du colonialisme belge au Rwanda, établissant un lien direct entre cette période sombre et le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.
Selon lui, «le colonialisme belge fut l’un des plus destructeurs et il a conduit au génocide». Rutaremara accuse l’administration coloniale d’avoir détruit le tissu social rwandais, brisé l’unité nationale et encouragé les divisions ethniques, ouvrant ainsi la voie aux idéologies extrémistes qui ont mené à l’extermination des Tutsi.
La Belgique accusée de soutenir les négationnistes
Dans sa publication, Rutaremara ne s’est pas limité au passé. Il reproche à la Belgique de soutenir aujourd’hui encore les négationnistes du génocide, mais aussi d’appuyer des groupes hostiles au Rwanda. Selon lui, Bruxelles entretient des relations troubles avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et le président de la RDC Félix Tshisekedi.
Il cite notamment la récente visite du ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, à Kinshasa. D’après Rutaremara, le chef de l’Etat congolais lui aurait confié la mission de «salir l’image du Rwanda sur la scène internationale» et de plaider pour des sanctions contre Kigali.
Des tensions persistantes dans la région des Grands Lacs
Cette sortie intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions autour du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo. Rutaremara accuse Maxime Prévot d’instrumentaliser le discours sur les droits humains pour cibler Kigali, tout en fermant les yeux sur les exactions commises par les forces congolaises, les milices Wazalendo et leurs alliés des FDLR.
«Il se rend alors en RDC, trouve des lieux où les soldats de Tshisekedi, les Wazalendo et les FDLR ont tué des civils, puis rédige un rapport affirmant que ce sont le M23 et le Rwanda qui les ont massacrés», a-t-il dénoncé, accusant la diplomatie belge de partialité et de manipulation.
Une réflexion sur la dépendance de l’Occident
Au-delà de la critique de la Belgique, Tito Rutaremara a élargi son propos à une réflexion plus globale. Il a annoncé la publication prochaine d’une analyse sur la dépendance de certains pays européens vis-à-vis des Etats-Unis, allant jusqu’à les qualifier de «serviteurs de Washington». Avec ironie, il a cité la présidence Trump comme exemple révélateur de la faiblesse politique de certaines puissances occidentales.

