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Le Rwanda dénonce une ingérence inacceptable de l’Union européenne dans ses affaires internes

Le Rwanda dénonce une ingérence inacceptable de l’Union européenne dans ses affaires internes
Séance conjointe des deux chambres sur la résolution européenne du 11 septembre concernant Victoire Ingabire

Le 15 septembre 2025, le Sénat du Rwanda a ouvert une session extraordinaire consacrée à l’examen d’une résolution récente du Parlement européen, adoptée le 11 septembre, demandant la libération immédiate de Victoire Ingabire Umuhoza, poursuivie par la justice rwandaise et incarcérée depuis juin 2025.

Cette résolution, soutenue par 549 députés européens contre seulement 2 opposants et 41 abstentions, appelait également à la libération d’autres personnalités, dont le journaliste Théoneste Nsengimana.

Le Parlement rwandais dénonce un acte impérialiste

Face à ce texte, plusieurs sénateurs rwandais ont vivement réagi. La vice-présidente du Sénat, Solina Nyirahabimana, a dénoncé une initiative fondée sur la mentalité de domination et de mépris, accusant les députés européens de chercher à ternir l’image du Rwanda sur la scène internationale et à bloquer ses intérêts.

Selon elle, il s’agit d’une ingérence flagrante dans un pays souverain doté de ses propres institutions indépendantes, notamment la justice.

La sénatrice Espérance Nyirasafari a abondé dans le même sens, estimant que l’Europe a pris l’habitude d’intervenir dans le fonctionnement du système judiciaire rwandais, une attitude qui ne saurait être tolérée. Pour sa part, le sénateur Amandin Rugira a dénoncé une pratique devenue systématique de l’UE consistant à placer Kigali dans une position de justification permanente.

La position officielle du Rwanda

La résolution rwandaise a été présentée par la sénatrice Dr Usta Kaitesi, présidente de la Commission Politique et Gouvernance. Elle affirme que le Parlement européen a dépassé ses prérogatives en s’immisçant dans les affaires judiciaires du Rwanda.

Le texte adopté rappelle que le Rwanda est un Etat souverain, régi par la démocratie et l’État de droit, et souligne l’indépendance de son pouvoir judiciaire, garant du respect des droits humains et des libertés fondamentales.

La déclaration du Parlement rwandais précise aussi que Victoire Ingabire a déjà bénéficié d’une grâce présidentielle par le passé, après avoir été condamnée pour d’autres crimes, mais qu’elle est aujourd’hui détenue à titre provisoire pour de nouvelles accusations, dont la création d’un groupe armé, la diffusion de fausses informations et la tentative de déstabiliser l’Etat.

«Le Rwanda reconnaît le multipartisme, mais nul ne peut se cacher derrière la liberté d’expression pour commettre des crimes», a insisté Dr Kaitesi.

Un message adressé à Bruxelles et au monde

Le Parlement rwandais a fermement rejeté la résolution européenne, la qualifiant de « document partial et fondé sur des informations biaisées ». Le texte, adopté à l’unanimité par les deux chambres, demande que les relations entre institutions reposent sur le respect mutuel, la confiance et la responsabilité partagée, et condamne toute tentative de porter atteinte à ces principes.

Cette position officielle sera transmise au Parlement européen, à la Commission européenne, aux États membres de l’UE, à l’Union africaine, aux Nations Unies ainsi qu’au gouvernement du Rwanda.

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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