Kwibuka 32: Les musulmans du Rwanda appelés à rejeter toute idéologie de haine
À l’occasion de la commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi de 1994, le Mufti du Rwanda, Sheikh Musa Sindayigaya, a exhorté les fidèles musulmans à demeurer attachés aux valeurs de paix, d’unité et de rejet de toute idéologie génocidaire.
S’exprimant samedi 20 juin lors d’une cérémonie de recueillement organisée au mémorial de Nyanza-Kicukiro, le chef religieux a souligné que les leçons tirées du génocide doivent continuer à guider les efforts visant à préserver l’unité nationale et à prévenir les crimes contre l’humanité.
La cérémonie s’est tenue au sein du mémorial de Nyanza-Kicukiro, situé dans le district de Kicukiro à Kigali, reposent des milliers de victimes du génocide contre les Tutsi. Ce lieu de mémoire est étroitement lié aux événements tragiques survenus après le retrait des Casques bleus belges de l’ancienne École technique officielle (ETO) de Kicukiro, laissant sans protection des milliers de Tutsi qui y avaient trouvé refuge avant d’être massacrés sur la colline de Nyanza.
Au cours de la commémoration, les participants ont été sensibilisés à l’histoire des massacres perpétrés à Kicukiro, où des Tutsi venus de différentes régions du pays s’étaient rassemblés dans l’espoir d’être protégés.
Le Mufti a rappelé que, selon les principes de l’islam, le génocide constitue un crime particulièrement grave, fondé sur l’injustice, la discrimination et l’atteinte illégitime à la vie humaine.
“L’islam considère le génocide comme un crime grave aux yeux de Dieu, car il consiste à ôter la vie à des innocents. Notre religion appelle les êtres humains à vivre ensemble dans l’harmonie et interdit toute forme de division, de discrimination ou de haine”, a-t-il déclaré.
Sheikh Musa Sindayigaya a également rappelé qu’au début des années 1990, alors que l’idéologie génocidaire gagnait du terrain au Rwanda, les dirigeants de la communauté musulmane avaient publiquement pris leurs distances avec les discours de haine et les projets discriminatoires qui allaient conduire au génocide contre les Tutsi.
Selon lui, dès 1992, la communauté musulmane avait clairement exprimé son opposition à toute privation du droit à la vie et interdit à ses fidèles d’adhérer à des partis politiques fondés sur la discrimination.
Le Mufti a toutefois reconnu que cette position officielle n’avait pas empêché certains musulmans de participer aux massacres.
“Nous condamnons fermement ces actes. Ceux qui s’en sont rendus coupables doivent se repentir et demander pardon à ceux qu’ils ont trahis”, a-t-il affirmé.
Pour le chef religieux, la période de commémoration constitue également une occasion de mesurer le chemin parcouru par le Rwanda en matière de réconciliation et de cohésion sociale, notamment à travers le programme national « Ndi Umunyarwanda ».
“C’est un moment de réflexion sur les progrès accomplis et sur la responsabilité qui incombe à chaque Rwandais dans le renforcement de l’unité et de l’intégrité nationales”, a-t-il conclu.

