Agriculture: les députés exigent des mesures contre les pertes post-récolte du riz et du maïs
L’Assemblée nationale, via la Chambre des députés, a sommé le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (MINAGRI) de présenter des stratégies concrètes pour réduire les pertes après récolte des produits agricoles, notamment le riz et le maïs, lesquels continuent d’être détruits en quantités importantes avant d’atteindre les marchés.
Cette demande a été formulée lors de la séance plénière du 3 mars 2026, au cours de laquelle les parlementaires ont souligné la nécessité d’obtenir des données exhaustives qui viendront compléter les résultats de l’enquête à mener par l’Institut national de la statistique afin de mieux comprendre et adresser ces pertes.
Le ministère a été accordé un délai de trois mois pour présenter un plan opérationnel répondant à cette préoccupation nationale, initiative fondée sur l’analyse d’une commission parlementaire spécialisée dans les domaines du foncier, de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement, qui s’est appuyée sur une revue approfondie du rapport de l’Auditeur général des finances de l’État sur les pertes de production agricole.
Selon les données présentées au Parlement, les pertes après récolte atteignent actuellement 12,4 % pour le riz et 13,8 % pour le maïs, des niveaux jugés supérieurs aux objectifs nationaux qui visent à les ramener à 5 % d’ici 2029.
L’examen des pertes post-récolte a mis en lumière des lacunes majeures dans les infrastructures de stockage et de transformation :
- Les installations de séchage traditionnelles sont insuffisantes; seules 9 % des infrastructures prévues pour le séchage du riz sont opérationnelles, alors que pour le maïs 18 % des installations sont fonctionnelles.
- Les structures de séchage et de conservation, qui pourraient potentiellement accueillir 33 % de la production, ne sont plus adaptées ou nécessitent des réparations urgentes, ce qui limite leur utilisation par les agriculteurs.
Ces déficits favorisent le développement de moisissures et de contaminants tels que les aflatoxines, qui dégradent la qualité des produits agricoles et réduisent leur valeur marchande.
La commission parlementaire a aussi identifié un manque d’accès aux marchés et une insuffisance d’information fiable sur les prix et la demande selon les saisons et les zones géographiques, ce qui empêche les producteurs de planifier efficacement la commercialisation de leurs récoltes.
Dans une étude menée sur 14 coopératives agricoles des districts de Nyagatare, Gatsibo, Gisagara et Rusizi, il a été constaté que 12 d’entre elles n’avaient pas de débouchés clairement identifiés pour leurs céréales stockées, amplifiant ainsi le risque de pertes et de gaspillage.
Face à ces constats, les députés ont formulé plusieurs recommandations techniques et stratégiques:
- Établir un système de suivi continu des pertes post-récolte, avec collecte de données trimestrielles et annuelles.
- Accélérer le déploiement du système d’information agricole numérique (AMIS), conçu pour fournir aux agriculteurs des données en temps réel sur les conditions de récolte, les prix et les marchés, afin d’améliorer la prise de décision.
- Améliorer l’intégration du maïs et du riz aux chaînes de valeur et aux circuits de commercialisation avec des approches qui garantissent des marchés stables pour les agriculteurs, même avant la pleine opérationnalisation d’AMIS.
Le système de gestion d’information agricole (AMIS) est un outil attendu qui doit permettre de fournir des informations agricoles détaillées et accessibles, notamment sur la production, la transformation et la commercialisation, pour donner aux agriculteurs des données fiables pour planifier leurs activités.

