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Éditorial | Kwibuka 32: Se souvenir pour bâtir, ensemble, un avenir inviolable

Éditorial | Kwibuka 32: Se souvenir pour bâtir, ensemble, un avenir inviolable
La flamme d’espoir, au Mémorial de Gisozi, est allumée pendant 100 jours, en hommage aux victimes du génocide perpétré contre les Tutsi - Photo: Kwibuka 29

Le 7 avril 2026, le Rwanda entre dans une nouvelle période de recueillement, marquant la 32ᵉ commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. Cette date, consacrée également comme Journée internationale de réflexion par les Nations Unies, rappelle le début d’une tragédie au cours de laquelle plus d’un million de personnes ont été exterminées en l’espace de cent jours .

Placée sous le thème permanent “Kwibuka Twiyubaka”Se souvenir, bâtir, ensemble — cette semaine commémorative, du 7 au 13 avril, s’inscrit dans une dynamique à la fois de mémoire, de résilience et de responsabilité collective.

À travers tout le pays, les Rwandais se rassemblent sur les sites mémoriaux, là où reposent les victimes, pour honorer leur mémoire avec dignité. Dépôts de gerbes de fleurs, journées de recueillement, témoignages de survivants, chants commémoratifs et conférences rythment ces journées. Dans les villages, les échanges communautaires permettent de transmettre l’histoire, de renforcer l’unité et de consolider le socle de la réconciliation nationale.

Comme chaque année, une cérémonie nationale solennelle ouvre cette semaine au Mémorial de Gisozi, à Kigali, symbole de mémoire et d’engagement. À cette occasion, la flamme d’espoir est allumée et illuminera le pays pendant 100 jours, en mémoire de la durée du génocide et en hommage aux victimes.

La clôture, prévue le 13 avril à Rebero, rend hommage aux responsables politiques assassinés durant le génocide, rappelant que l’extermination visait aussi à anéantir toute voix de modération et de justice.

Kwibuka n’est pas qu’un moment de souvenir: c’est une interpellation. Une interpellation face à l’histoire, mais aussi face au présent. Car, trente-deux ans après, les idéologies qui ont nourri le génocide n’ont pas totalement disparu. Elles mutent, se diffusent, parfois au-delà des frontières.

À l’est de la République démocratique du Congo, les discours de haine visant les Tutsi congolais, les violences répétées et la stigmatisation des populations rwandophones ravivent les échos d’un passé que l’on croyait révolu. Cette réalité rappelle que le génocide contre les Tutsi ne fut pas seulement un événement national, mais une tragédie humaine dont les leçons restent universelles.

Dans ce contexte, le “Plus jamais ça” ne peut être un simple slogan. Il doit se traduire en actes concrets: lutte contre l’idéologie génocidaire, éducation des jeunes générations, vigilance face aux discours de haine, et engagement ferme de la communauté internationale.

Se souvenir, c’est refuser l’oubli. Bâtir, c’est reconstruire sur les fondations de la vérité.
Ensemble, c’est reconnaître que la paix et la dignité humaine sont une responsabilité partagée.

En ce temps de mémoire, La redaction de “La Une” s’incline devant les victimes, rend hommage aux survivants.

Se souvenir, au Rwanda, n’est pas un regard tourné vers le passé: c’est un engagement pour l’avenir.

La Rédaction.

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