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Kwibuka 32: RMC encadre la couverture médiatique pour une mémoire digne et responsible

Kwibuka 32: RMC encadre la couverture médiatique pour une mémoire digne et responsible

À l’approche de la 32ᵉ commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, la Commission Rwandaise des Média (RMC) a publié, le 5 avril 2026, une série de directives encadrant le travail des médias durant toute la période de deuil national. Objectif: garantir une couverture professionnelle, respectueuse et conforme aux lois, dans un contexte de mémoire nationale particulièrement sensible.

Ces directives s’appuient notamment sur la loi régissant les médias au Rwanda ainsi que celle relative à la commémoration du génocide. Elles tiennent également compte des orientations du ministère de l’unité nationale et de l’engagement civique (MINUBUMWE).

Institution indépendante chargée de veiller au respect de l’éthique journalistique et de l’intérêt public, RMC rappelle le rôle crucial des médias dans la préservation de la mémoire, la promotion de l’unité et la lutte contre l’idéologie du génocide.

Des principes stricts pour une information responsable

Durant la période de commémoration, les médias sont appelés à respecter des principes fondamentaux:

  • dire la vérité et respecter les faits historiques ;
  • honorer la mémoire des victimes et respecter les survivants ;
  • promouvoir l’unité nationale et la résilience ;
  • lutter contre le négationnisme et l’idéologie du génocide ;
  • se conformer aux règles professionnelles et juridiques.

L’usage des mots est particulièrement encadré. Les journalistes doivent employer l’expression officielle “génocide perpétré contre les Tutsi en 1994” et éviter tout langage pouvant déformer, minimiser ou nier les faits.

Informer sans sensationalisme ni atteinte à la dignité

RMC insiste sur la nécessité d’une couverture équilibrée et pédagogique. Les médias sont invités à produire des contenus expliquant l’historique, les causes et les conséquences du génocide, tout en relayant le thème national : «Kwibuka Twiyubaka» (Se souvenir, Bâtir, Ensemble).

Les témoignages de survivants doivent être diffusés dans le respect de leur dignité et de leurs droits. Toute exploitation émotionnelle excessive ou sensationnaliste est proscrite. De même, les images ou contenus susceptibles de heurter la sensibilité du public doivent être évités ou précédés d’avertissements.

Une couverture active des activités de commémoration

Les organes de presse sont encouragés à couvrir l’ensemble des activités de Kwibuka, tant au niveau national que local, dans le respect des programmes officiels. Ils doivent notamment :

  • relayer les cérémonies officielles et communautaires ;
  • valoriser les échanges au sein des communautés ;
  • contribuer à la diffusion des activités tout au long des 100 jours de commémoration.

Ils sont également tenus de ne pas perturber le déroulement des cérémonies et de faire preuve de retenue et de respect en toutes circonstances.

Des programmes adaptés pendant la semaine de commémoration

Durant la semaine du 7 au 13 avril, les médias doivent adapter leurs grilles de programmes. Les contenus de divertissement inappropriés sont suspendus au profit d’émissions consacrées à la mémoire, aux témoignages et aux débats de fond.

Une attention particulière est accordée à la couverture d’événements spécifiques, notamment les commémorations dans les villages, les écoles, les institutions publiques et les représentations diplomatiques, ainsi que les hommages aux victimes et à ceux qui se sont opposés au génocide.

Encadrement des contenus et des réseaux sociaux

Les médias sont également appelés à renforcer le contrôle de leurs plateformes numériques. Ils doivent lutter activement contre les discours de haine, le négationnisme et la désinformation, tout en prenant des mesures rapides pour corriger tout contenu inapproprié.

Par ailleurs, les journalistes sont tenus de vérifier rigoureusement leurs sources, d’éviter toute forme de partialité ou d’exagération et de se conformer strictement au code de déontologie de la profession.

Préserver la mémoire pour les générations futures

Au-delà de la couverture immédiate, RMC encourage les médias à archiver soigneusement les contenus produits — images, sons et témoignages — afin de contribuer à la transmission de l’histoire et à la recherche.

Certains de ces contenus devront être partagés avec les institutions compétentes, notamment pour enrichir les ressources éducatives et mémorielles.

Enfin, les médias sont appelés à travailler en étroite collaboration avec les institutions concernées afin de contribuer à une meilleure compréhension et à une participation active des citoyens aux activités de commémoration.

À travers ces orientations, la Rwanda Media Commission rappelle que couvrir Kwibuka ne relève pas d’un exercice journalistique ordinaire. Il s’agit d’un devoir de mémoire, exigeant rigueur, sensibilité et responsabilité.

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