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Faut-il embrasser l’intelligence artificielle dans les médias ?

Faut-il embrasser l’intelligence artificielle dans les médias ?
La photo presente a été générée par l’Intelligence Artificielle

Par Fulgence Niyonagize

Faut-il embrasser l’intelligence artificielle dans les médias ? La question fait débat, parfois vif, dans les rédactions. Certains y voient la fin de la réflexion et de la créativité, d’autres une révolution qui repousse les limites de l’innovation journalistique. Ce débat a eu lieu dans le cadre de la 2ᵉ Conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones (CMJSF), un rendez-vous qui réunit des professionnels de l’information scientifique venus de divers horizons pour échanger sur les enjeux de leur métier.

Lors d’une discussion entre le Dr Constant Koné, médecin et chercheur à l’Institut Pasteur, et Ani Mardochée Boli, journaliste scientifique, le ton était à la nuance… mais résolument tourné vers l’avenir. Avec calme et précision, le Dr Koné a présenté l’IA comme un outil – ni plus, ni moins. Un prolongement de l’intelligence humaine, pas son remplaçant.

Il affirme que l’intelligence artificielle peut aider à raffiner des résultats, notamment en recherche, mais qu’elle ne saurait se substituer à l’effort intellectuel humain. Elle appuie ce qui est déjà là, elle complète, sans jamais supplanter. Pas de raccourci magique, pas de vérité automatique – seulement une aide bien encadrée.

Face à lui, Ani Mardochée Boli a souri, puis confirmé : oui, il utilise l’IA. Au quotidien. Il jongle avec plusieurs plateformes, confronte les réponses, croise les sources. Selon lui, il n’est plus question aujourd’hui de passer une journée entière dans les archives alors qu’un outil peut offrir, en quelques minutes, une synthèse de qualité. Mais il tempère rapidement : « Il faut faire attention. Avec l’IA, une mauvaise question donne une mauvaise réponse. » Le ton est donné. L’IA ne fait pas de miracles. Elle répond à ce qu’on lui demande. Et c’est là que tout se joue.

Un point sur lequel le Dr Koné est revenu avec insistance : la qualité des résultats dépend de la manière dont on formule les requêtes. Les fameux prompts, comme on les appelle. Il plaide pour que les journalistes s’initient à cette nouvelle grammaire. Qu’ils apprennent à dialoguer avec l’outil. Car, rappelle-t-il, derrière l’IA, il y a d’abord le travail humain : celui des programmeurs, des chercheurs, des analystes. Et comme toute technologie, elle s’améliore avec le temps. Elle apprend, elle s’affine. Il en a d’ailleurs profité pour répondre à un confrère congolais, déçu par une réponse erronée que l’IA lui avait donnée : « Elle apprend avec vous. Et, au fur et à mesure, elle vous apprend aussi. »

Ce jour-là, dans la salle, certains hochaient la tête, d’autres restaient pensifs. L’enthousiasme d’un côté, les réserves de l’autre. Une chose est sûre : l’IA ne laisse personne indifférent. Lors du Digital Media Africa tenu en 2024 au Kenya, le mot d’ordre était clair : il ne faut pas fuir l’IA, il faut l’embrasser. Maximiser ses opportunités, oui, mais sans oublier que l’humain reste aux commandes. L’IA ne doit pas décider à la place du journaliste. Elle ne doit pas écrire les histoires, seulement aider à mieux les raconter.

Dans les rédactions, elle peut corriger nos fautes, affiner nos titres, retranscrire nos interviews audio, générer des images d’illustration quand les photos réelles  manquent. Elle peut même suggérer des angles d’approche. Mais elle ne remplacera jamais l’intuition d’un bon reporter, ni l’œil critique d’un rédacteur chevronné.

Alors, faut-il embrasser l’IA ? Sans doute. Mais les bras grands ouverts, l’esprit critique bien éveillé, et la curiosité comme boussole.

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