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Chaste Gahunde: un génocidaire présumé au cœur d’une propagande haineuse en exil

Chaste Gahunde: un génocidaire présumé au cœur d’une propagande haineuse en exil
Chaste Gahude est libre en Frace

Le 12 juin 2025, à Mushubati, dans l’ouest du Rwanda, une cérémonie solennelle de commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi s’est tenue. Rescapés, familles des victimes et membres de la société civile se sont réunis pour rendre hommage à celles et ceux qui ont péri en 1994 dans cette commune de Mabanza, l’une des plus meurtries par les massacres. Mais au-delà du recueillement, une colère sourde s’est exprimée face à la persistance du négationnisme porté aujourd’hui par des individus comme Chaste Gahunde, alias «Dynamique», un homme accusé d’avoir activement participé au génocide, et qui, depuis son exil en France, continue de propager une idéologie de haine.

Dans le cadre de la lutte contre l’impunité et la préservation de la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, l’un des défis majeurs auxquels le Rwanda est confronté réside dans la prolifération des discours négationnistes et révisionnistes tenus par certains acteurs en exil.

Ces discours, souvent véhiculés à travers les réseaux sociaux ou sous couvert d’activisme politique, ne constituent pas uniquement une falsification historique: ils ravivent également la douleur des rescapés et sapent les efforts de réconciliation nationale.

Le cas de Chaste Gahunde, un Rwandais en exil en France, accusé d’avoir activement participé au génocide dans la région de Mushubati, illustre cette problématique avec une acuité particulière. À travers une propagande virulente diffusée notamment sur YouTube, Gahunde s’inscrit dans la continuité idéologique des milices génocidaires, tout en bénéficiant d’un espace de liberté dans un pays pourtant engagé dans la lutte contre les crimes contre l’humanité.

Un passé marqué par la violence

Natif de Mushubati, Chaste Gahunde appartient à une famille connue pour son extrémisme notoire. Fils d’un ancien juge, il a grandi dans un environnement idéologique marqué par la haine ethnique. Plusieurs membres de sa famille sont mentionnés dans des témoignages pour leur rôle direct dans les tueries de Tutsi, aussi bien en 1994 qu’au cours des vagues de violence précédentes, dès 1959. Ses oncles, dont Rangira (ancien militaire), Karugarama Tharcisse (notable local tristement célèbre), et Benoit Uriwabo (milicien Interahamwe), ont tous été cités à de nombreuses reprises par les rescapés de Mushubati.

Chaste Gahunde lui-même, surnommé «Dynamique» pour son énergie brutale, aurait été actif dans les milices locales. Selon les témoignages recueillis lors de la commémoration de cette année, il appartenait à un groupe de tueurs dénommé “Imihembezo, impliqué dans les massacres de masse à Mushubati. Ce groupe était dirigé par ses oncles, et Gahunde y jouait un rôle central, passant d’un lieu à l’autre pour organiser et exécuter les attaques contre les familles tutsi.

Une douleur ravivée chez les rescapés

La présence encore libre de Gahunde à l’étranger, et surtout ses interventions publiques via les réseaux sociaux, notamment sur sa chaîne YouTube, provoquent une immense souffrance parmi les survivants. Lors de la cérémonie à Mushubati, Agathe, une rescapée, a livré un témoignage bouleversant: elle a rappelé comment elle avait échappé de justesse à un groupe de tueurs dirigé par des proches de Gahunde, groupe dont il faisait partie. Voir aujourd’hui cet homme utiliser internet pour nier le génocide, justifier les violences et répandre des messages de haine est pour elle, comme pour tant d’autres, une forme de violence psychologique renouvelée.

Védaste Ngarambe, président d’Ibuka à Karongi

Vedaste Ngarambe, représentant de l’association Ibuka, a pris la parole pour dénoncer le silence complice de certains pays occidentaux, dont la France, qui continuent d’abriter des présumés génocidaires. Il a insisté sur le fait que la paix durable ne pourra s’instaurer tant que les auteurs de ces crimes, qu’ils soient exécutants, instigateurs ou propagandistes, ne sont pas traduits en justice.

Une propagande construite en exil

Depuis la France, où il a trouvé refuge, Chaste Gahunde a rejoint Thomas Nahimana, un ancien prêtre catholique également accusé de discours haineux à l’époque du génocide. Ensemble, ils ont fondé un «gouvernement rwandais en exil», dans lequel Nahimana s’est autoproclamé président et Gahunde a été désigné «ministre de la Communication». Cette structure marginale, qui ne repose sur aucune base démocratique ni légale, sert principalement à répandre une propagande anti-Tutsi sous couvert de discours politiques.

Leurs vidéos, publiées régulièrement sur YouTube et d’autres plateformes, visent à relativiser ou à nier le génocide, à présenter les auteurs comme des victimes, et à nourrir une lecture ethnique clivée de la société rwandaise. Pour les rescapés, ces messages sont une provocation douloureuse, un rappel constant de la haine qu’ils ont subie et de l’inhumanité dont certains de leurs bourreaux continuent de faire preuve.

Le rôle trouble de la France

La situation soulève également une question de responsabilité internationale. Comment un pays comme la France, engagé dans des conventions contre les crimes contre l’humanité, peut-il continuer à offrir un espace d’expression à des individus accusés de génocide ou de négationnisme? Plusieurs procédures judiciaires contre des présumés génocidaires ont été ouvertes en France ces dernières années, mais beaucoup restent en suspens, laissant les victimes sans réponse ni justice.

L’exemple de Chaste Gahunde est révélateur du défi que représente le combat contre l’impunité en exil. Il est impératif que les États d’accueil prennent leurs responsabilités en enquêtant sérieusement sur les accusations portées contre ces individus, et en bloquant toute diffusion publique de messages haineux, conformément aux lois contre l’incitation à la haine raciale et au négationnisme.

 Une exigence de mémoire et de justice

Pour les survivants de Mushubati, comme pour l’ensemble du peuple rwandais, la mémoire du génocide contre les Tutsi est un devoir sacré. Elle ne peut tolérer la banalisation ni la falsification. La douleur des rescapés est profonde, mais elle devient insupportable lorsque ceux qui ont participé à leur malheur osent encore parler publiquement, mentir, nier, manipuler.

À l’heure où la communauté internationale célèbre la mémoire des victimes et promet « plus jamais ça », il est urgent que ces slogans se traduisent en actes. Chaste Gahunde ne devrait pas avoir l’espace de s’exprimer comme un homme libre alors que pèsent sur lui des accusations aussi graves. Il appartient aux autorités judiciaires françaises et internationales de se saisir de ce dossier.

 

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