La BNR relève son taux directeur à 8,25 % pour freiner l’inflation
Le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque nationale du Rwanda (BNR) a décidé d’augmenter le taux directeur de 100 points de base, le faisant passer de 7,25 % à 8,25 %, afin de contenir la hausse persistante des prix sur les marchés.
La décision a été annoncée ce jeudi 21 mai 2026 par la gouverneure de la BNR, Soraya Hakuziyaremye, à l’issue d’une conference de presse consacrée à l’évaluation de la conjoncture économique nationale et internationale. Il s’agit de la deuxième hausse du taux directeur cette année, après celle de février dernier qui avait porté ce taux à 7,25 %.
Selon la gouverneure, cette nouvelle augmentation vise à limiter les pressions inflationnistes qui continuent de s’accentuer et à ramener progressivement l’inflation dans la fourchette cible fixée par la banque centrale, comprise entre 2 % et 8 %.
“Cette décision constitue une mesure prudente destinée à préserver la stabilité des prix, condition essentielle au maintien d’une croissance économique durable”, a expliqué Soraya Hakuziyaremye.
Une inflation en forte progression
La BNR indique que l’inflation globale a fortement augmenté au cours des derniers mois. Au premier trimestre de 2026, elle s’est établie à 9,1 %, contre 7,4 % au quatrième trimestre de 2025, sous l’effet notamment de la hausse des prix des produits alimentaires, de l’énergie et des produits de base.
Les données les plus récentes montrent une accélération encore plus marquée: l’inflation est passée de 9,2 % en mars à 13 % en avril, dépassant largement la limite supérieure de la cible de la banque centrale.
La gouverneure a souligné que cette situation menace le pouvoir d’achat des ménages rwandais. Elle a indiqué que l’objectif de la politique monétaire est d’éviter que la flambée des prix ne continue de réduire la capacité des citoyens à consommer.
La BNR prévoit désormais une inflation moyenne de 13,9 % en 2026, contre une prévision de 9,4 % annoncée en février. L’inflation devrait ensuite retomber autour de 7,4 % en 2027.
Le conflit au Moyen-Orient parmi les principales causes
La banque centrale explique que cette révision à la hausse des prévisions résulte à la fois de facteurs internes et externes.
Parmi les éléments évoqués figurent la hausse des prix du carburant et du gaz liée aux conflits et tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
La BNR estime que si ces tensions persistent, les prix mondiaux du pétrole pourraient continuer à grimper fortement au cours de l’année.
L’institution avertit également que la baisse éventuelle de la production agricole locale et la prolongation du conflit au Moyen-Orient constituent des risques majeurs pour les perspectives économiques du pays.
La gouverneure de la BNR a également appelé les ménages à adapter leurs habitudes de consommation face aux incertitudes économiques mondiales, en limitant notamment certaines dépenses et déplacements non essentiels afin de mieux faire face à la hausse du coût de la vie.
Malgré ces tensions inflationnistes, la banque centrale relève que certains indicateurs restent positifs, notamment la réduction de 23,2 % du déficit commercial du Rwanda au premier trimestre de 2026 grâce à la hausse des exportations de produits comme le café et le thé.

