“La paix et la sécurité de l’Afrique ne peuvent venir de l’extérieur” Paul Kagame
Le Président du Rwanda Paul Kagame appelle à une participation active et crédible de l’Afrique dans les débats mondiaux sur la sécurité, en tant que partenaire capable et légitime. Il insiste sur le fait que ces responsabilités doivent être assumées par les Africains eux-mêmes, avec une implication directe et une compréhension approfondie du contexte du continent.
Le Président Paul Kagame a déclaré, le lundi 19 mai 2025, que l’avenir de l’Afrique, en particulier en matière de paix et de sécurité, ne peut pas venir des autres, soulignant que ces questions ont trop longtemps été considérées comme un fardeau à gérer par des tiers.
Il s’exprimait à l’ouverture de la première Conférence internationale sur la sécurité en Afrique (ISCA) à Kigali, qui réunit des délégués de 17 pays, dont les experts en sécurité et en renseignement, les décideurs politiques, les entreprises de sécurité privées et les membres de la société civile.
Organisée sous le thème “Refaçonner le paysage africain dans un environnement mondial dynamique et complexe”, cette conférence de deux jours offre aux acteurs de la défense, du renseignement et de la sécurité, tant africains qu’internationaux, l’opportunité de s’attaquer aux défis sécuritaires pressants et de façonner un avenir collaboratif.
Paul Kagame a noté que la paix et la sécurité du continent ont été gérées par des acteurs extérieurs avec une implication minimale des Africains et souvent sans tenir compte du contexte ou du consentement des populations. Il a souligné que ce forum est plus qu’une simple conférence, mais un effort délibéré pour changer à la fois le récit et la substance de la manière dont l’Afrique participe aux événements mondiaux en matière de sécurité.

“Nous ne pouvons pas nous plaindre d’ingérences extérieures tout en créant les conditions qui les favorisent. La souveraineté ne consiste pas seulement à défendre des frontières, mais à assumer la responsabilité de notre sécurité, tant en tant qu’État qu’en tant que continent”, a-t-il précisé, avant de noter que négliger ce devoir permet à d’autres d’intervenir, entraînant une perte de crédibilité et de contrôle.
Il a souligné que les menaces sans frontières, comme les pandémies, le terrorisme et la cybercriminalité, évoluent très rapidement, souvent plus vite que les réponses nationales, mais que la coopération doit aller au-delà du simple partage d’informations ou de l’union passive, et doit être stratégique, intentionnelle et innovante.
Le Président du Conseil de l’ISCA, l’Ambassadeur Moussa Faki Mahamat, a déclaré que le continent ressent depuis trop longtemps le besoin d’un espace stratégique permanent dédié à des discussions approfondies et à un dialogue continu sur les questions de paix et de sécurité.
“A une époque où les systèmes de gouvernance vacillent sous le poids de l’instabilité généralisée et de l’incertitude croissante, l’Afrique doit pouvoir compter sur une plateforme ancrée dans ses propres réalités, répondant à ses spécificités et animée par une ambition partagée”, a-t-il ajouté.

Mahamat a déclaré que la sécurité ne peut être discutée sans aborder le développement, car les causes profondes des conflits sur le continent sont souvent structurelles et économiques, telles que la pauvreté persistante, les inégalités flagrantes, la marginalisation des jeunes et les promesses non tenues.
Cette conférence est une plateforme dédiée au dialogue stratégique et à la coopération en matière de sécurité centrée sur l’Afrique. Elle vise à renforcer la collaboration entre les décideurs politiques, les experts en sécurité, la société civile et les chercheurs pour élaborer des solutions innovantes aux défis sécuritaires du continent.


