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Manifestations à Kigali: des réfugiés congolais dénoncent des discours de haine en RDC et réclament justice contre le général Ekenge

Manifestations à Kigali: des réfugiés congolais dénoncent des discours de haine en RDC et réclament justice contre le général Ekenge

Des réfugiés congolais vivant dans plusieurs camps au Rwanda ont organisé, des manifestations pacifiques dans la ville de Kigali pour dénoncer les discours de haine et la discrimination ethnique qu’ils affirment subir en République démocratique du Congo (RDC).

Ils réclament notamment que le général-major Sylvain Ekenge, ancien porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC), soit traduit en justice pour des propos jugés incitant à la haine, tenus récemment sur la télévision nationale congolaise, la RTNC.

Les manifestants, venus de camps de réfugiés tels que Kiziba, Kigeme, Mugombwa, Mahama, Nyabiheke et Nkamira, se sont rassemblés à Kigali, en particulier devant l’ambasaade des États-Unis, située à Kacyiru. Certains de ces réfugiés disent vivre au Rwanda depuis plus de trente ans, sans perspective de retour durable dans leur pays d’origine.

Messages contre la haine et la discrimination

Munis de banderoles et vêtus de t-shirts portant des messages explicites, les manifestants ont appelé à la fin de la discrimination visant les Tutsi en RDC. On pouvait notamment lire: “RDC : stop à la discrimination contre les Tutsi”, “Non à la haine”,  ou encore “La dignité n’a pas d’ethnie : justice pour tous les Tutsi en RDC”.

Les manifestatants visent à attirer l’attention de la communauté internationale sur la gravité des discours diffusés par certains responsables congolais, qu’ils estiment dangereux et porteurs de violences à grande échelle.

À l’origine de cette mobilisation figure une émission intitulée Special Plateau, diffusée le samedi sur la RTNC. Le général-major Sylvain Ekenge, alors porte-parole des FARDC, y a tenu des propos largement dénoncés comme stigmatisants et discriminatoires, notamment à l’égard des Tutsi et des Congolais rwandophones.

Les réfugiés estiment que le fait qu’un tel discours ait été tenu sur un média public national aggrave sa portée et son impact. “Lorsqu’un responsable s’exprime ainsi à la télévision d’État, ce n’est plus une opinion privée, mais un message adressé à toute la nation”, ont-ils déclaré.

Les manifestants affirment que ces discours contribuent à alimenter un climat de peur, de persécution et de violences ciblées contre certaines communautés en RDC, redoutant que la banalisation de tels propos ouvre la voie à des crimes de masse.

“L’histoire nous a appris jusqu’où peuvent mener les discours de haine, y compris dans la région des Grands Lacs. Nous ne voulons pas revivre de telles tragedies”, ont-ils souligné.

Appel à la communauté internationale

Les réfugiés appellent la communauté internationale à agir, en exigeant des sanctions contre les auteurs de discours haineux et en veillant à ce que justice soit rendue. Ils demandent également des garanties de sécurité pour les populations encore présentes en RDC et expriment leur souhait de pouvoir, un jour, rentrer dans leur pays sans crainte de persécution.

Ils dénoncent enfin ce qu’ils perçoivent comme un silence prolongé face à leur situation: “Le fait que de tels propos restent impunis montre que nos souffrances continuent d’être ignores”, ont-ils confié.

Ces manifestations s’inscrivent dans la continuité d’actions pacifiques menées les 1er et 2 janvier 2026 au sein même des camps de réfugiés au Rwanda, pour condamner les discours de haine attribués à certains hauts responsables de la RDC, dont le général Ekenge, aujourd’hui suspendu de ses fonctions.

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