Temps forts du discours du président Kagame à la descente du 16 mars 2025 à Kigali
Le président de la République du Rwanda, Paul Kagame, a entamé une descente au milieu de son peuple après avoir commencé un mandat de cinq ans (2024-2029) à la suite des élections de 2024. Son premier déplacement s’est effectué le dimanche 16 mars 2025 dans la ville de Kigali, où il a rencontré les représentants des Kigalois dans l’amphithéâtre de Kigali (BK ARENA).
A cette occasion, le président s’est adressé au public présent et à travers les médias dans un discours centré principalement sur deux points, à savoir la situation sécuritaire qui prévaut à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) et la détérioration des relations diplomatiques entre le Rwanda et la Belgique, son ancien colonisateur.
La rédaction de La Une a sélectionné pour vous les temps forts de son discours ainsi que 15 citations clés qui ressortent de cette allocution qui a duré à peu près une heure:
- Cette guerre en République Démocratique du Congo, certains ont tenté d’en faire une guerre du Rwanda, mais il n’en est rien. Le Rwanda n’a pas déclenché cette guerre; au contraire, ce contre quoi nous nous battons, c’est précisément ce que recherchaient ceux qui l’ont initiée.
- Cette guerre trouve ses racines dans l’histoire… Certains de ceux que l’on appelle Rwandais se sont retrouvés de l’autre côté des frontières qui définissent le Rwanda aujourd’hui. Ce n’est pas le Rwanda qui les y a envoyés. Le Rwanda n’a pas déplacé des Rwandais vers Kisoro, en Ouganda. Le Rwanda n’a pas non plus déplacé des Rwandais vers Masisi, Rutshuru et d’autres localités. Ils ne s’y sont pas rendus par la volonté du Rwanda.
- A présent, si ceux qui se sont retrouvés là-bas doivent partir, et si les gouvernements de ces pays décident de leur dire: “Levez-vous et retournez là où vous appartenez, au Rwanda, alors ils devraient les expulser avec la terre sur laquelle ils vivent et ne garder que ce qui leur appartient véritablement.
- Il ne fait aucun doute que lorsque l’on prive des personnes de leurs droits, elles se battent pour les récupérer… Et lorsque vous impliquez le Rwanda dans cette situation, en lui imputant la responsabilité du fait que ces pays ne veulent pas de ces populations, que voulez-vous que nous fassions? Nous nous lèverons pour nous défendre.
- Les Belges ont détruit le Rwanda, tué des Rwandais, et cette histoire ne se limite pas seulement aux 30 dernières années. Ils disent : “Nous ne vous permettons pas de faire ceci ou cela”, et nous leur demandons : “Mais qui êtes-vous ? Qui vous a donnés autorité sur nous ?
- Avec les moyens limités dont nous disposons, nous leur tiendrons tête. Je parle de ceux qui passent leur temps à nous persécuter, à nous insulter. Si nous avons pu surmonter des défis bien plus grands, est-ce que ce sont ceux-là qui nous vaincront?
- Je vous le rappelle, chers Rwandais: après toutes ces années passées à lutter pour bâtir notre pays, nous voulons être Rwandais, nous ne voulons pas être Belges.
- Je veux vous dire qu’être soi-même, rester ferme dans son identité, n’est pas chose facile, c’est une tâche ardue. Tout comme la libération de ce pays. Elle a exigé des sacrifices, et certains ont dû renoncer à ce qu’une personne possède de plus précieux : la vie elle-même. Les Rwandais ont sacrifié leur vie pour que notre pays devienne ce qu’il mérite d’être.
- Nous, Rwandais, devons être prêts à nous serrer la ceinture. Et pas seulement cela, nous devons nous battre pour nos droits. C’est notre devoir de lutter pour nos droits.
- Ce que vous observez chaque jour, les accusations portées contre nous, ce que nous appelons en kinyarwanda gukoronga – des insultes et attaques incessantes. Ils parlent de la guerre en République Démocratique du Congo, cherchant d’abord à en faire une guerre du Rwanda, puis affirmant que le Rwanda la soutient. Mais lorsqu’il s’agit des FDLR, ils baissent la voix et murmurent à peine à leur sujet, car en réalité, ils ne veulent pas en parler.
- Lorsqu’il est question des Interahamwe, jamais ils ne diront qu’ils sont soutenus par le gouvernement congolais. Au contraire, ils les qualifient de simples combattants, de personnes luttant pour la justice.
- Nulle part vous ne les entendrez dire que les Interahamwe bénéficient du soutien du gouvernement congolais. Pourtant, ils n’ont aucun mal à affirmer que le Rwanda soutient l’AFC/M23.
- Ils nous en veulent parce que nous n’avons pas demeuré au plus bas, là où ils espéraient nous voir brisés et incapables de nous relever. Et pour cela, ils estiment que nous devons en payer le prix.
- Il n’y a rien qui puisse nous arriver de pire que la tragédie dont nous avons survécu. C’est pourquoi nous ne devons pas avoir peur de nous exprimer, de nous battre pour nous-mêmes et contre ceux qui veulent nous anéantir.
- Notre parcours est toujours jalonné de luttes. Par luttes, j’entends à la fois les combats réels que nous menons et la réflexion stratégique ainsi que les actions que nous devons entreprendre pour développer notre pays et améliorer la vie des Rwandais.

