Avec la Chorale de Kigali, une cinquantaine d’enfants découvrent l’art de l’agréable à l’oreille
Dans la salle, les regards sont tournés vers les très jeunes musiciens. Certains parents observent avec fierté leurs enfants, d’autres les encouragent discrètement. Puis les premières notes résonnent. Un piano, des voix, des instruments et quelques sourires viennent donner une atmosphère particulière à cette soirée consacrée à la musique.
Pour une cinquantaine d’enfants âgés de 6 à 15 ans, ce vendredi 28 août 2026 marquait l’aboutissement de deux mois d’apprentissage musical avec la Chorale de Kigali. Pendant les vacances scolaires, ces jeunes ont découvert ou approfondi le chant, la lecture des notes et la pratique de plusieurs instruments.

La cérémonie de clôture avait commencé par une messe, réunissant les enfants, leurs parents, les membres de la Chorale de Kigali et leurs invités. Après ce moment religieux, place a été donnée aux jeunes apprenants, qui ont présenté quelques morceaux travaillés pendant les vacances.
Sur scène, chacun semble mesurer l’importance du moment. Un enfant prend place et annonce fièrement le morceau qu’il s’apprête à jouer, celui de Mozart. Quelques instants plus tard, les notes commencent à se faire entendre. Dans la salle, les parents suivent attentivement la prestation, parfois avec le sourire, parfois avec cette expression de fierté qui accompagne les premiers pas d’un enfant dans un domaine artistique.
Deux mois pour apprendre à écouter et à jouer
Pendant deux mois, les enfants se sont retrouvés trois matinées par semaine, les lundis, mardis et jeudis, de 8h30 à 12h30.
Le programme associait théorie et pratique. Les jeunes ont commencé par apprendre à lire les notes musicales, une étape essentielle pour comprendre et interpréter une partition. Ils ont ensuite été initiés au chant choral et à plusieurs instruments, notamment le piano, le violon, la guitare et le saxophone.
Les cours ont été dispensés par des membres de la Chorale de Kigali. Chanteurs, instrumentistes et chefs de pupitre ont consacré leur temps à transmettre leur expérience aux plus jeunes.
Pour certains participants, cette formation a permis de transformer une simple curiosité en véritable passion.
Isaro Ella Grace, l’une des jeunes participantes, raconte qu’elle aimait déjà chanter avant de rejoindre le programme. Au fil des cours, elle a découvert le plaisir d’apprendre et de progresser dans la musique.
Pour un autre participant, l’intérêt pour la musique avait commencé bien avant ces vacances. Ses études secondaires en internat lui accordent cependant peu de temps pour approfondir cette passion. Il continue néanmoins à chanter dans une chorale, avec l’espoir de pouvoir consacrer davantage de temps à la pratique instrumentale.
Des enfants qui rêvent déjà de demain
Dans leurs échanges, les jeunes citent des artistes et musiciens qui les inspirent, parmi lesquels Orest Niyonzima et Israel Mbonyi, mais aussi les grands compositeurs de la musique classique comme Beethoven et Mozart.
Pour eux, apprendre la musique ne signifie donc pas seulement passer agréablement le temps des vacances. C’est aussi acquérir une compétence qui pourrait leur être utile dans l’avenir.

C’est précisément l’un des objectifs poursuivis par la Chorale de Kigali: détecter les talents, les accompagner et préparer une nouvelle génération de musiciens et de chanteurs.
Pas besoin d’être déjà musicien
Pour intégrer le programme, les enfants n’avaient pas besoin de passer une sélection.
Mireille Umwali Rugwizangoga, présidente de la Chorale de Kigali, explique que l’initiative est ouverte à tous les enfants dont les parents souhaitent qu’ils découvrent la musique.
Certains arrivent avec quelques connaissances. D’autres commencent complètement de zéro. L’essentiel est leur envie d’apprendre.“Il n’y a pas de sélection. Tout enfant qui vient est accueilli”, explique-t-elle.
Cette philosophie permet aux enfants de progresser à leur propre rythme, sans que leur niveau de départ ne constitue un obstacle.
“Apprendre à chanter ne suffisait plus. Il fallait également leur apprendre à lire une partition et à jouer d’un instrument. C’est ainsi que le programme s’est élargi au piano, au violon, à la guitare et au saxophone.”

Pour Mireille Umwali Rugwizangoga, cette démarche constitue un investissement dans l’avenir de la Chorale de Kigali, mais aussi dans celui de la musique au Rwanda.
Pendant deux mois, ils sont venus apprendre. Certains auront découvert une passion, d’autres auront confirmé un talent déjà présent. Mais tous repartent avec une même expérience: celle d’avoir appris à écouter, à créer et à faire de la musique un langage capable d’accompagner leur avenir.
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