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Boissons traditionnelles: le ministère de la Santé durcit les règles d’hygiène dans les ménages

Boissons traditionnelles: le ministère de la Santé durcit les règles d’hygiène dans les ménages
Illustration générée par intelligence artificielle

Le ministère de la Santé a publié de nouvelles directives visant à améliorer les conditions de préparation, de conservation et de consommation des aliments ainsi que des boissons traditionnelles fabriquées dans les ménages.

Ces mesures ont pour objectif de prévenir les intoxications alimentaires et les maladies liées à la consommation d’aliments ou de boissons contaminés, tout en préservant les méthodes traditionnelles de fabrication.

Ces directives concernent notamment la préparation de boissons traditionnelles telles que l’urwagwa (Boisson de bananes), l’ikigage, l’ubushera (Boisson de solgho), les jus de fruits et d’autres boissons élaborées à domicile pour des cérémonies, des fêtes ou des rassemblements familiaux.

Elles ne s’appliquent toutefois pas aux producteurs commerciaux, qui demeurent soumis aux normes de qualité et aux réglementations établies par les autorités compétentes.

Des ingrédients sûrs et de bonne qualité

Le ministère insiste sur l’utilisation exclusive de matières premières saines. Les ménages sont invités à utiliser de l’eau potable, traitée ou bouillie, des céréales exemptes de moisissures et de résidus de pesticides, ainsi que des bananes, des fruits et du miel en bon état.

Les ustensiles de préparation doivent être conservés dans un endroit propre, bien aéré et protégé contre les insectes, les rongeurs et toute autre source de contamination.

En revanche, plusieurs substances sont formellement interdites. Il s’agit notamment des alcools industriels contenant du méthanol, des carburants, des drogues et substances psychotropes susceptibles de modifier les boissons, ainsi que des gels hydroalcooliques, produits chimiques ou désinfectants.

Les levures industrielles destinées à d’autres usages, les matières premières avariées ou encore les matériaux tels que la terre ou les briques ne doivent pas non plus être utilisés dans la fabrication des boissons traditionnelles.

Une hygiène stricte à chaque étape

Les nouvelles directives rappellent l’importance du lavage des mains à l’eau propre et au savon avant toute manipulation des aliments ou des boissons, après avoir manipulé des produits crus, après un passage aux toilettes ou après tout contact avec une surface sale.

Les locaux de préparation ainsi que les équipements doivent être soigneusement nettoyés avant et après chaque utilisation afin de limiter tout risque de contamination.

Les personnes chargées de préparer les boissons traditionnelles sont également appelées à respecter des règles d’hygiène personnelle rigoureuses. Elles doivent porter des vêtements appropriés, retirer bagues, montres et bracelets avant de manipuler les aliments, et éviter toute préparation lorsqu’elles souffrent d’une maladie contagieuse. Un dépistage des maladies transmissibles, notamment la tuberculose et certaines hépatites, est recommandé tous les six mois.

Prévenir les contaminations alimentaires

Le ministère recommande de séparer systématiquement les aliments crus des aliments cuits afin d’éviter les contaminations croisées. Les viandes blanches doivent être stockées séparément des viandes rouges, tandis que les denrées périssables doivent être achetées le jour même lorsqu’aucun réfrigérateur n’est disponible.

Les températures de conservation font également l’objet de recommandations précises. Les aliments chauds doivent être maintenus à plus de 60 °C, tandis que les produits réfrigérés doivent être conservés à une température inférieure à 5 °C.

Les aliments périssables, comme la viande, le poisson ou les légumes, ne doivent pas rester plus de deux heures à température ambiante. Ils doivent être rapidement placés au réfrigérateur.

Le ministère recommande également une cuisson complète des aliments à une température supérieure à 100 °C. Les plats cuisinés doivent être consommés dans les deux heures suivant leur préparation ou conservés dans des équipements capables de maintenir leur température afin d’empêcher la prolifération de bactéries.

Reconnaître rapidement les signes d’une intoxication

Les autorités sanitaires invitent la population à consulter immédiatement un établissement de santé après la consommation d’aliments ou de boissons suspectes en cas d’apparition de symptômes tels que les vomissements ou diarrhée, les douleurs abdominals, les vertiges et maux de tête, les difficultés respiratoires, la perte de connaissance et faiblesse importante.

Une prise en charge rapide permet de réduire les risques de complications graves.

Une autorisation obligatoire pour les boissons servies lors des cérémonies

L’une des principales nouveautés introduites par ces directives concerne les boissons traditionnelles préparées pour les mariages, cérémonies coutumières, fêtes ou autres rassemblements publics.

Toute personne souhaitant préparer ce type de boisson devra désormais informer au préalable le Comité de santé du village, en précisant la nature de la boisson, le lieu où elle sera consommée ainsi que les bénéficiaires prévus.

Le comité procédera ensuite à une inspection des matières premières, des équipements, des conditions d’hygiène et des méthodes de fabrication avant de vérifier que toutes les exigences sanitaires sont respectées.

Une autorisation valable pour une seule préparation sera délivrée uniquement après cette évaluation favorable. Le Comité de santé conservera un registre recensant les demandes introduites, les résultats des inspections et les autorisations accordées.

Présidé par le chef du village, ce comité comprend également un agent de santé communautaire ainsi qu’un représentant chargé de la sécurité.

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