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Kigali accueille une formation stratégique pour renforcer la protection financière en santé en Afrique

Kigali accueille une formation stratégique pour renforcer la protection financière en santé en Afrique

Des experts en santé publique, statisticiens, responsables gouvernementaux et partenaires techniques de près de trente pays africains se réunissent à Kigali du 9 au 12 juin dans le cadre d’une formation sous-régionale consacrée au suivi de la protection financière en santé, un enjeu central pour l’atteinte de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU).

Organisée par l’OMS, STATAFRIC et la Banque mondiale, cette session de renforcement des capacités vise à améliorer la production, l’analyse et l’utilisation des données permettant de mesurer l’impact des dépenses de santé sur les ménages.

L’initiative s’inscrit dans le cadre du suivi de l’Objectif de développement durable 3.8.2, qui mesure les difficultés financières rencontrées par les populations lorsqu’elles accèdent aux soins de santé.

Le Rwanda partage son expérience

Ouvrant les travaux au nom du ministère rwandais de la Santé, Fernand Rwamwejo, responsable adjoint du Département de développement des ressources humaines en santé, a souligné que la question de la protection financière est au cœur même de la couverture sanitaire universelle.

Fernand Rwamwejo, Responsable adjoint du Département de développement des ressources humaines en santé au ministère rwandais de la Santé, Kigali, 9 Juin 2026 ©Anastase/La Une

Selon lui, le Rwanda a réalisé des avancées significatives grâce aux investissements dans les centres de santé, le déploiement des agents de santé communautaires, le renforcement des systèmes de référence et l’extension de l’assurance maladie communautaire qui couvre aujourd’hui plus de 90 % de la population.

Ces efforts ont permis d’améliorer l’accès aux services de santé et de réduire les barrières financières. Toutefois, a-t-il précisé, l’accès seul ne suffit pas.

“Un système de santé ne peut être considéré comme véritablement performant que lorsque les citoyens peuvent recevoir les soins dont ils ont besoin sans risquer de tomber dans des difficultés financières”, a-t-il déclaré.

Pour Rwamwejo, la protection financière constitue avant tout une question d’équité sociale. Il a souligné l’importance de poursuivre le suivi des dépenses supportées par les ménages afin d’identifier les lacunes persistantes et d’orienter les politiques publiques.

Il a également établi un lien avec les réformes actuellement engagées dans le cadre du programme national “4 x 4”, qui vise à accroître considérablement les effectifs du personnel de santé, améliorer la qualité des soins et élargir l’accès aux services spécialisés.

“L’amélioration de la qualité des soins doit aller de pair avec un renforcement de la protection financière des ménages”, a-t-il insisté.

Le rôle central des statistiques

Prenant la parole au nom de l’Institut national de la statistique du Rwanda (NISR), Faustin Nilingiyimana, directeur par intérim de l’Unité des statistiques démographiques et sociales, a mis en avant le rôle stratégique des données dans la réalisation de la couverture sanitaire universelle.

Faustin Nilingiyimana, directeur par intérim de l’Unité des statistiques démographiques et sociales, NISR, Kigali, 9 Juin 2026 ©Anastase/La Une

Selon lui, mesurer la protection financière est indispensable pour comprendre quelles populations restent exclues, identifier les obstacles à l’accès aux soins et évaluer l’efficacité des politiques de financement de la santé.

“Les statistiques fiables permettent aux gouvernements et à leurs partenaires de prendre des décisions fondées sur des preuves et d’améliorer concrètement la vie des populations”, a-t-il déclaré.

Le responsable du NISR a rappelé que les données nécessaires au calcul des indicateurs de protection financière proviennent principalement des enquêtes auprès des ménages, ce qui place les instituts nationaux de statistique au cœur du dispositif de suivi des Objectifs de Développement Durable (ODD).

Il a également salué l’approche adoptée par cette formation, qui ne se limite pas à la production des indicateurs mais s’intéresse également à leur interprétation et à leur traduction en recommandations politiques.

Renforcer les capacités des États africains

Durant quatre jours, les participants venus d’Angola, du Botswana, du Kenya, du Ghana, du Nigeria, de l’Ouganda, de la Tanzanie, de la Zambie, du Zimbabwe, du Rwanda et de nombreux autres pays africains travailleront sur les méthodes statistiques permettant de mesurer les dépenses catastrophiques de santé et leur impact sur la pauvreté.

Les travaux porteront notamment sur l’utilisation des enquêtes auprès des ménages, la production des indicateurs liés à l’ODD 3.8.2, l’élaboration de profils nationaux et l’utilisation des données pour orienter les politiques publiques.

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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