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Plus de 423 millions d’Africains confrontés à des difficultés financières liées aux dépenses de santé, selon l’OMS

Plus de 423 millions d’Africains confrontés à des difficultés financières liées aux dépenses de santé, selon l’OMS
Dr. Brian Chirombo, représentant de l’OMS au Rwanda, Kigali, 9 Juin 2026 ©Anastase/La Une

Le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Rwanda, le Dr. Brian Chirombo, a lancé un appel pressant aux pays africains pour renforcer le suivi de la protection financière en santé, estimant qu’aucune couverture sanitaire universelle ne peut être atteinte si les populations continuent de sombrer dans la pauvreté à cause des dépenses médicales.

Il s’exprimait ce mardi le 9 juin 2026 à Kigali à l’ouverture de la formation sous-régionale sur le suivi de la protection financière en santé, organisée conjointement par l’OMS, STATAFRIC et la Banque mondiale autour du thème: “Faire progresser la couverture sanitaire universelle grâce à un meilleur suivi de la protection financière en santé”.

Dr. Brian Chirombo, représentant de l’OMS au Rwanda, Kigali, 9 Juin 2026 ©Anastase/La Une

Dans son allocution, le responsable de l’OMS a rappelé que la protection financière constitue l’un des piliers fondamentaux de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU), au même titre que l’accès aux services et la qualité des soins. Pourtant, a-t-il souligné, des millions d’Africains continuent de supporter des dépenses de santé qui compromettent leur bien-être économique.

Selon les données les plus récentes citées par l’OMS, plus de 423 millions de personnes en Afrique ont subi en 2022 des difficultés financières liées aux dépenses de santé effectuées directement par les ménages, tandis que plus de 384 millions ont été poussées dans la pauvreté ou davantage appauvries en raison des factures médicales. Ces chiffres illustrent une réalité quotidienne pour de nombreuses familles contraintes de choisir entre se soigner, nourrir leurs enfants ou financer leur éducation.

“Ce ne sont pas seulement des statistiques. Ce sont des mères et des pères confrontés à des choix impossibles entre payer un traitement médical et mettre de la nourriture sur la table”, a-t-il déclaré.

Le Rwanda cité comme modèle régional

Le représentant de l’OMS a salué les progrès accomplis par le Rwanda dans la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle grâce à son système d’assurance maladie communautaire, la Mutuelle de Santé, ainsi qu’aux investissements continus dans les soins de santé primaires.

Selon lui, ces politiques ont permis d’étendre considérablement la couverture sanitaire et de réduire les obstacles financiers à l’accès aux soins. Toutefois, il a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts de suivi afin d’identifier les groupes de population qui demeurent vulnérables aux dépenses catastrophiques de santé.

“Même lorsque la couverture progresse et que les paiements directs diminuent, il reste indispensable de comprendre qui continue à supporter des charges financières excessives et quelles mesures supplémentaires doivent être prises”, a-t-il expliqué.

Une nouvelle méthodologie pour mesurer les difficultés financières

L’atelier de Kigali intervient dans un contexte marqué par la révision récente de la méthodologie mondiale utilisée pour mesurer l’indicateur 3.8.2 des Objectifs de développement durable (ODD), consacré à la protection financière en santé.

En tant qu’institution responsable de cet indicateur au niveau mondial, l’OMS, avec la Banque mondiale comme co-responsable, accompagne les pays dans la production et l’utilisation des données permettant de mesurer l’impact financier des dépenses de santé sur les ménages.

Pour le représentant de l’OMS, ces données ne doivent pas servir uniquement aux rapports internationaux, mais surtout guider les décisions politiques nationales afin de réduire les paiements directs des ménages et renforcer les mécanismes de solidarité.

Transformer les données en politiques publiques

L’OMS a également salué la présence conjointe des ministères de la Santé et des instituts nationaux de statistique, considérant cette collaboration comme essentielle pour transformer les données en actions concrètes.

Au cours des prochains jours, les participants approfondiront les méthodes de calcul des indicateurs de protection financière, analyseront les données issues des enquêtes auprès des ménages et élaboreront des profils nationaux destinés à éclairer les réformes de financement de la santé.

Le Dr. Brian Chirombo a exhorté les participants à faire de cette rencontre un cadre d’échange et d’apprentissage mutuel afin que le suivi de la protection financière devienne une pratique institutionnalisée dans tous les pays africains.

“Utilisons cette semaine à Kigali pour transformer les données en actions et les preuves en résultats, afin que personne ne soit plongé dans la pauvreté simplement parce qu’il cherche à exercer son droit à la santé”, a-t-il conclu.

Les intervenants à l’ouverture de l’atelier au Kigali Convention Centre, Kigali, 9 Juin 2026 ©Anastase/La Une

Anastase Rwabuneza

Journaliste chevronné avec plus de 20 ans d'expérience, Anastase Rwabuneza est un expert accompli des médias. Du reportage à la presse écrite, en passant par la radio et l'analyse d'actualité, il excelle également dans la direction de rédactions et la gestion de projets médiatiques.

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