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Mémoire du génocide contre les Tutsi: le ministre Bizimana répond aux négationnistes

Mémoire du génocide contre les Tutsi: le ministre Bizimana répond aux négationnistes

Une vive controverse agite actuellement le réseau social X, opposant le Dr Jean Damascène Bizimana, ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, à Ally Youssuf Mugenzi, ancien journaliste de la BBC Kinyarwanda. Au cœur de cet échange tendu : la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, que certains exilés rwandais, dont Jean Luc Habyarimana, fils de l’ancien président, s’efforcent encore de réviser ou de nier.

Dans une série de publications argumentées, le ministre Bizimana a fermement dénoncé ces discours négationnistes. Il s’est appuyé sur des faits historiques documentés pour rappeler le rôle central de l’Akazu, un cercle restreint de proches du président Juvénal Habyarimana, dominé par sa famille, notamment son épouse Agathe Kanziga.

Se référant à l’ouvrage de François Misser Vers un Nouveau Rwanda (Éd. Luc Pire/Karthala, 1995, p. 82–84), Bizimana a rappelé que:

« Le terme Akazu désigne le groupe extrêmement proche de la famille du président Habyarimana, particulièrement son épouse Agathe Kanziga, qui exerçait une influence considérable sur la vie politique et économique du pays. »

Parmi les figures clés de ce réseau, le ministre cite Séraphin Rwabukumba, beau-frère de Mme Habyarimana, et Ildephonse Gashumba, son neveu, tous deux nommés à la Banque nationale du Rwanda. Rwabukumba dirigeait également La Centrale, une société en charge du commerce extérieur, bénéficiant d’un accès direct aux devises de la banque centrale.

L’Akazu contrôlait également les filières stratégiques d’exportation: Enoch Ruhigira supervisait le commerce du café à la Présidence, tandis que Michel Bagaragaza gérait celui du thé. Ces revenus, selon Bizimana, auraient largement contribué au financement du génocide contre les Tutsi. Bagaragaza a d’ailleurs plaidé coupable devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L’influence du clan s’étendait aussi au secteur privé, notamment dans des sociétés comme KIPHARMA, AGROTEC, NAHV, ETIRU, ainsi que dans des établissements de luxe comme l’hôtel-restaurant Rebero L’Horizon ou le Kigali Night Club.

Le ministre a également cité le témoignage de Jean-Jacques Vandenberghe, ingénieur belge ayant travaillé à la SOMIRWA (Société des Mines du Rwanda), qui attribue la chute de l’industrie minière à la mauvaise gestion de l’Akazu. Il met en cause Protais Zigiranyirazo, frère de Kanziga, accusé d’avoir orchestré un vaste trafic de tungstène à Bugarama avec la complicité du ministère des Finances.

Plus troublant encore, le journaliste d’investigation Nicky Gordon affirme que la primatologue américaine Diane Fossey aurait été assassinée pour avoir refusé de participer aux trafics d’animaux sauvages, notamment de gorilles, dirigés par le même réseau. Fossey aurait également menacé de révéler des trafics d’or menés par Zigiranyirazo, figure centrale du redouté Réseau Zéro, connu pour ses méthodes brutales et son impunité.

Après trois décennies d’influence néfaste, l’Akazu est aujourd’hui reconnu comme l’un des moteurs principaux du génocide de 1994, le dernier du 20ᵉ siècle. Le Dr Bizimana a condamné avec force les tentatives actuelles de réhabilitation de figures telles que Habyarimana, Kanziga et Zigiranyirazo, qualifiant ces efforts de « dérive extrêmement dangereuse ».

« Ils sont d’ores et déjà vaincus », a-t-il conclu.

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