Trump et l’Europe: Des puissances subordonnées, selon Tito Rutaremara
Dans une série de messages publiés récemment sur X, l’honorable Tito Rutaremara, figure politique rwandaise, a livré une analyse détaillée et critique des relations internationales dominées par les Etats-Unis et du rôle secondaire joué par l’Europe face à Donald Trump.
Selon Rutaremara, l’histoire des relations entre l’Europe et l’Afrique révèle une hypocrisie persistante. «Les Européens nous ont réduits en esclavage, ils nous ont colonisés, puis ils ont prétendu nous donner l’indépendance alors qu’ils continuaient à exploiter les richesses de l’Afrique», écrit-il.
Pour l’ancien sénateur, cette illusion d’une Europe puissante et autonome s’est effondrée avec l’arrivée de Trump au pouvoir. «Nous pensions que l’Europe était partenaire de l’Amérique, pas son serviteur. C’est Trump qui nous a montré qu’ils sont subordonnés comme les autres», ajoute-t-il.
Rutaremara décrit une hiérarchie mondiale où Washington dicte sa loi par deux leviers principaux : la puissance militaire et le dollar américain. Les Etats-Unis possèdent plus de 700 bases militaires à travers le monde et imposent le dollar comme monnaie dominante, ce qui leur permet de contrôler l’économie mondiale. Même les puissances économiques qui résistent partiellement, comme la Chine et la Russie, ne peuvent échapper totalement à cette influence.
Dans le contexte européen, l’analyste souligne que Trump a immédiatement mis les dirigeants européens au défi de respecter leurs engagements financiers à l’OTAN. «Ce qui a surpris, écrit Rutaremara, c’est qu’ils ont immédiatement répondu ‘oui monsieur’». Selon lui, cet épisode a montré l’absence d’autonomie réelle de l’Europe sur la scène mondiale, où elle se retrouve souvent contrainte de suivre les décisions de Washington, y compris sur des questions militaires ou diplomatiques majeures.
La guerre en Ukraine constitue un autre exemple, selon Rutaremara. Alors que l’Europe s’était engagée à soutenir l’Ukraine, Trump a insisté sur la fin des hostilités et a négocié directement avec Vladimir Poutine, en ignorant les objections européennes. « Même sur les questions économiques, note-t-il, les Européens n’ont pas tenu tête à Washington. Plutôt que de copier la Chine et de s’affirmer, ils ont préféré supplier Trump pour qu’il réduise les taxes imposées à leurs produits ».
L’honorable Rutaremara ne mâche pas ses mots concernant les dirigeants européens. Il cite nommément le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Sir Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron, qu’il décrit comme réduits au rôle d’«élèves dociles» face à Trump. Selon lui, ces dirigeants paraissent incapables d’affirmer une position indépendante face aux décisions américaines.
Pour Rutaremara, cette situation révèle une réalité géopolitique souvent ignorée: l’Europe, malgré sa puissance économique et militaire apparente, reste dans de nombreux dossiers internationaux subordonnée aux Etats-Unis. Trump a illustré de manière éclatante que la politique américaine continue de façonner les décisions mondiales, et que l’Europe se contente trop souvent d’appliquer, plutôt que d’initier, les choix stratégiques.
Cet éclairage offre une lecture critique des rapports de force contemporains et met en évidence les limites de l’indépendance européenne. Pour Rutaremara, comprendre cette dynamique est essentiel pour repenser la souveraineté et la posture stratégique des nations africaines et européennes sur la scène internationale.

