Dès octobre 2025, l’électricité coûtera plus cher au Rwanda
À compter du 1er octobre 2025, les tarifs de l’électricité au Rwanda seront relevés. Selon l’Autorité de régulation (RURA), cette révision vise à ajuster les prix aux coûts réels de production et à répondre à une demande énergétique en constante progression.
S’adressant à la presse, le ministre des Infrastructures, Dr Jimmy Gasore, a fait savoir que les prix de l’électricité seront désormais réajustés tous les trois à quatre mois, une pratique qui existait avant la pandémie de Covid-19 mais qui avait été suspendue depuis 2020. Cette mesure prend en compte les investissements dans les centrales électriques, les lignes de transport, l’entretien permanent du réseau ainsi que l’augmentation soutenue de la consommation nationale.
Nouveaux prix pour les ménages
Pour les ménages, la tarification se fera par tranches de consommation. Les premiers 20 kWh restent facturés à 89 francs rwandais par kWh. Entre 20 et 50 kWh, le prix passe à 310 francs contre 212 auparavant. Au-delà de 50 kWh, il s’élève désormais à 369 francs contre 249 précédemment. Certaines catégories de consommateurs, notamment les usines, continueront de bénéficier de subventions. Elles sont cependant encouragées à privilégier la consommation durant les heures creuses, c’est-à-dire de minuit à 5 heures du matin.
Une demande en forte progression
La consommation d’électricité au Rwanda croît d’environ 10 % chaque année. En 2000, seuls 2 % des habitants y avaient accès; en 2010, le taux était de 10 %, et il atteint aujourd’hui 85 %. La capacité de production nationale est de 460 mégawatts, mais elle reste sous pression face à l’urbanisation et à l’amélioration du niveau de vie. Les ménages utilisent davantage d’appareils électroménagers, de réfrigérateurs et cuisinent plus souvent à l’électricité, ce qui accentue la demande.
Des finances sous tension
Le Groupe Énergie du Rwanda (REG) a enregistré des pertes ces dernières années, car il achète l’électricité à un coût élevé pour la revendre à un tarif inférieur. Cette situation a entraîné des déséquilibres financiers, parfois suivis de retards de paiement aux producteurs et de coupures ponctuelles dans la fourniture.
Des projets pour l’avenir
Afin de sécuriser l’approvisionnement, le REG annonce que le pays mise sur l’extension du barrage de Nyabarongo, le développement du solaire, du gaz méthane et du nucléaire, ainsi que sur une coopération renforcée avec les pays voisins. L’ambition est qu’à l’horizon 2035, le Rwanda puisse non seulement garantir une offre suffisante mais aussi envisager une baisse des prix.
En attendant, les autorités encouragent les ménages et les entreprises à adopter une consommation responsable : éteindre les lampes inutiles, débrancher les appareils non utilisés et optimiser l’usage de l’énergie afin de réduire les factures et de préserver les ressources nationales.

